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Le numérique comme un sport de combat

Écrit par  , vendredi, 08 septembre 2017 07:39 , PORTRAITS.
Pierre Cesarini, Claranova Pierre Cesarini, Claranova DR

S’étant spécialisé en intelligence artificielle à la fin de ses études, Pierre Cesarini a développé ses compétences dans de nombreux domaines, de la finance au marketing en passant par le management. Une démarche qui s’est accompagnée de succès entrepreneuriaux conséquents.   

«J’ai beaucoup pratiqué de sports de combat : boxe française, karaté, judo… J’ai arrêté la compétition depuis peu », décrit tranquillement Pierre Cesarini, PDG du groupe Avanquest, qu’il vient de renommer Claranova. Un goût pour le combat et pour l’excellence qui est apparemment une tradition familiale. Son aîné fait également de la compétition sportive et travaille chez Google en Irlande. Dans un autre registre, son deuxième fils, chanteur d’opéra professionnel, « doit être l’un des meilleurs barytons de France de son âge », souligne avec fierté notre interlocuteur, qui a œuvré toute sa carrière dans le numérique avec la même fougue et le même succès.

Passionné dès 12 ans par les premiers ordinateurs personnels, il fait ses études supérieures à l’ENST (Telecom Paris) et choisit de se spécialiser dans l’intelligence artificielle pour sa dernière année. Passionné par le développement, il travaille sur Smalltalk, un des premiers langages de programmation orienté objet. « À l’époque, je travaillais aussi sur des compilateurs Lisp », se souvient-il. Après deux années en Polynésie pour son service militaire, il frappe à la porte d’Apple France. « Je pensais faire du développement, mais le seul poste disponible était celui de chef de produit, un poste marketing », détaille-t-il. Tant pis pour la technique, il saute le pas. Temporairement seulement. « En 1988, nous sommes partis nous installer aux États-Unis avec un contrat local et toujours chez Apple. » C’est l’occasion de reprendre la main sur la technique : « Un responsable produit américain fait bien sûr du marketing, mais il est aussi responsable de la R&D. » En peu de temps, il devient responsable du développement de System 7, une des grandes évolutions de l’OS d’Apple. Quelques années passent dans la Silicon Valley, une période que notre homme met à profit pour étendre ses compétences aux aspects économiques. « En 1993-1994, Apple n’allait pas très bien. Il a su rebondir notamment grâce à une approche marketing », rappelle-t-il. Après une dizaine d’années, la question se pose de rentrer en France ou de perdre un peu ses repères culturels. C’est le retour en France qui est choisi.

Compaq lui propose un poste basé à Munich qui ne l’enthousiasme guère. Rompu à la technologie comme au marketing, Pierre Cesarini hésite un peu. « Une partie de mes amis avaient alors quitté Apple et lançaient des start-up », se souvient-il. Il commence à travailler avec des investisseurs sur le développement de ces sociétés. Puis, presque dans la foulée, crée en 1998, Temposoft, un éditeur proposant des logiciels basés sur la programmation par contraintes. Son chiffre d’affaires atteint les 10 M€ en quelques années et la société, approchée par PeopleSoft , se fait racheter par Oracle en 2005. S’il garde son appétence pour la technologie, cette aventure lui donne d’autres idées. « Je me suis spécialisé dans le retournement des entreprises. Comment faire monter des entreprises générant un CA de 5, 10 ou 30 M€ et les amener à dépasser la masse critique », résume Pierre Cesarini. L’idée se concrétise rapidement et il est appelé pour aider des sociétés en difficulté. Pendant les années qui suivent, il fusionne notamment huit sociétés spécialisées dans des logiciels embarqués pour systèmes critiques en une seule entreprise baptisée Atego. Celle-ci sera achetée par PTC en 2013. Il passe la même année chez Avanquest, « une société alors dotée d’un bon moteur : des bons dirigeants pour les filiales, de bons développeurs… mais qui n’avait pas réellement de vision, donc d’avenir », assène-t-il. Il décide donc de l’emmener sur des secteurs porteurs « avec des idées simples comme l’impression de photos à partir de son portable et à un tarif abordable. » Un pari gagnant au vu du chiffre d’affaires, 50 M€ pour le premier semestre 2017, pour cette activité rentable. Le prochain défi est déjà lancé : Pierre Cesarini veut positionner Claranova comme le fournisseur du « java de l’IoT » avec sa nouvelle solution B-to-B myDevices.

Patrick Brébion

 

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