Préparez-vous à payer vos matériels et logiciels plus cher, ainsi qu’à faire une croix sur les promos de la rentrée…

L’euro a perdu plus de 20 % de sa valeur en six mois. Avec des produits informatiques achetés en dollars pour la quasi-totalité, la hausse des tarifs est inéluctable. Un changement structurel qui aura un impact aussi bien sur les utilisateurs et les entreprises que sur les distributeurs. Revue de détail.

 

1. Des tarifs en hausse de 10 % en moyenne

Il suffit d’observer la valse des étiquettes pour s’en apercevoir. HP en est, par exemple, à sa troisième révision de tarif en six semaines. Certains accessoires et options ont même augmenté de 20 % depuis le début mai. Sur des périphériques comme les cartouches d’encre, les webcams ou les moniteurs, la hausse dépasse souvent ces 20 %.

Même des produits aux cycles d’achats longs, comme les routeurs Cisco, ont vu leurs tarifs grimper depuis le mois de mai. Globalement, le prix des matériels et des logiciels informatiques devrait afficher une hausse de 10 % dans les semaines à venir.

2. Reports des achats dans les entreprises et chez les particuliers

Evidemment, avec une telle inflation des prix, les situations ubuesques se multiplient. Des prix annoncés ne sont plus valables. Certaines commandes en attente doivent être renégociées « parce que l’euro a encore chuté ». Et un devis valable aujourd’hui pourrait ne plus l’être demain si le fournisseur fait valser les étiquettes.

La situation n’est d’ailleurs pas prête de s’améliorer, vu les déficits des pays de l’Union européenne et les tensions actuelles sur l’euro. Pas étonnant donc que les distributeurs et les utilisateurs demandent des garanties sur les prix. Sinon, c’est la reprise qui pourrait être remise en question.

3. Des distributeurs satisfaits de la situation

Les revendeurs ont beau jouer les veuves éplorées, la situation ne leur déplaît pas autant qu’il y paraît. Pour beaucoup, la reprise est bel et bien là. Les hausses de prix sont structurelles, inévitables et elles ne devraient modifier qu’à la marge les comportements d’achat. Du coup, ils parient plutôt sur une augmentation de leur chiffre d’affaires, même si les volumes se tassent.

D’autres en profitent même pour agiter les épouvantails. Pour eux, la chute de l’euro s’inscrira dans la durée. Ils communiquent donc auprès des clients pour qu’ils jouent la prudence, et qu’ils anticipent leurs achats avant une réelle parité ou un déficit de l’euro sur le dollar.

4. Menaces sur les traditionnelles remises de la rentrée

Si la situation ne s’améliore pas, les augmentations trimestrielles des fournisseurs ne pourraient plus suffire pour répercuter l’évolution de la parité euro/dollar. Les distributeurs se préparent donc à gérer des hausses de prix de plus en plus fréquentes. Ce qui entraînerait vite comme conséquence la réduction de la durée et du nombre des opérations promotionnelles, qui avaient tendance à se multiplier tout au long de l’année.

La première victime pourrait être le traditionnel Back to School (les promotions de rentrée). En sortie de crise, les fournisseurs acceptent mal de rogner sur leurs marges. L’euphorie des ventes de l’an dernier (de 30 à 40 % de plus en volume sur les portables) pourrait bien laisser place à la morosité.

5. Une aubaine pour les exportateurs européens

Terminons tout de même par une bonne nouvelle. Un euro faible face au dollar favorise évidemment les acteurs européens sur la scène internationale. Certes dans le matériel, il n’y a plus grand monde en Europe. Ils sont plus nombreux côté services. Mais c’est un secteur avec peu d’exportations et où les prestations sont facturées en local. Côté logiciel, en revanche, l’offre européenne va devenir plus attrayante que celle des mastodontes américains. Une aubaine, donc, pour Dassault Systèmes et SAP. Mais aussi pour de plus petits éditeurs qui pourraient retrouver la fibre exportatrice.