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Et demain ?

Par La rédaction, publié le 30 décembre 2009

Un impératif en 2010 : prendre position. Découvrez les perspectives proposées par notre rédaction et les points à surveiller.

Matériel : les guéguerres des plates-formes

L’année 2010 s’annonce comme un immense champ de bataille. Mobiles, micro, serveurs, stockage, chaque secteur assistera à un affrontement soit de technologies, soit de plates-formes.

Les ordiphones par exemple. Motorola compte bien transformer l’essai du Droid/Milestone grâce à Android. Nokia, lui, entend revenir dans la course avec sa plate-forme Maemo. Sans oublier Microsoft, dont le futur Windows Mobile 7 est annoncé comme un « iPhone killer ». Côté micro, aussi, il deviendra difficile de choisir entre netbook et portable ultrafin ; entre poste de travail physique et virtualisé. Ou encore d’arbitrer entre serveurs virtuels internes et serveurs externalisés dans le nuage. Face à des fournisseurs aux visions antagonistes,

il faudra donc faire des choix. Parfois même prendre des paris. Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Juste la preuve que l’innovation est de retour. Et personne ne s’en plaindra.

Logiciel : un accès multicanal aux applications

Les logiciels poursuivront leur lente évolution vers l’accès universel. Après les vagues Java, celles de la « webification » des applications, de la virtualisation et du logiciel en tant que service, voici celle de l’accès mobile.

En 2010, les maîtres mots seront intégration et multicanal. Intégration, car il faudra s’assurer que tous les logiciels puissent communiquer ensemble, qu’ils soient installés en local ou dans le nuage. On suivra donc l’évolution du Manfieste Cloud, proposé par IBM pour garantir une interopérabilité des plates-formes Saas. Intégration, aussi, des outils collaboratifs aux réseaux sociaux, avec des premiers déploiements attendus en 2010.

Enfin, muticanal, car la future suite Office 2010 sera accessible à la fois sur mobile, en streaming, et en installation classique. La norme du déploiement en 2010 ?

Emploi : la prudence est de mise

La reprise n’aura pas un effet immédiat sur le marché du travail. Si celui-ci a déjà atteint son niveau le plus bas, la poussée du chômage devrait se poursuivre début 2010. Fin octobre 2009, le nombre d’informaticiens inscrits au Pôle Emploi s’élevait à 29 900, en hausse de plus de 48 % sur un an. Ce qui, sur la base d’une population de 500 000 informaticiens, donne un taux de chômage sectoriel de 5,9 %, voire de 7 % si l’on inclut les demandeurs d’emploi qui ont une activité réduite ou suivi une formation.

Pour 2010, Syntec informatique table sur une contraction de 7 000 à 10 000 postes, alors que 16 000 à 20 000 embauches auraient dû être réalisées en 2009. Avec un turnover divisé par deux, cela pourrait être insuffisant pour dégager un solde positif.

Services : retour à la croissance

Reprise certes, mais reprise molle. Tel est le consensus adopté par la majorité des cabinets d’études quant aux perspectives de croissance du marché des services informatiques en 2010. Après une contraction de 2,5 % du secteur en 2009, Syntec informatique table sur un retour progressif de la croissance en 2010 de 0 à 2 %.

Même modérée, cette croissance laisse augurer un mouvement de consolidation, phénomène classique en sortie de crise. Les valeurs des proies potentielles repartant à la hausse, les tractations entre vendeur et acheteur trouveront plus facilement une issue. Quelques prédateurs sont aux aguets. Bull s’est déjà distingué en rachetant Amesys pour 105 millions d’euros. Sopra souhaite opérer une acquisition de 400 à 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, de préférence en Europe. Au-delà, l’année 2010 devrait être marquée par la poursuite du développement de l’offshore.

Réseaux et télécoms : un Ethernet omniprésent

Ethernet est désormais adapté à toutes les sauces, tant en entreprises que chez les opérateurs. Dans les centres de données, l’Ethernet très haut débit se généralisera dans sa version 10 Gigabits. Les versions 40 et 100 Gigabits vont aussi pointer leur nez. Sous sa forme Converged Enhanced Ethernet, le protocole englobera enfin les flux Fibre Channel, afin de fusionner les réseaux de stockage et de données.

L’interconnexion des sites s’effectuera de plus en plus en Ethernet, notamment via les infrastructures MPLS des opérateurs. Enfin ratifié, le Wi-Fi 802.11n offrira, par ailleurs, aux entreprises la possibilité de migrer vers un Ethernet sans fil haut débit en toute sérénité, avec à la clé un débit utile de 150 Mbit/s.

A surveiller en 2010

La 4G soulage la 3G : les réseaux LTE, évolution des réseaux mobiles 3G, verront le jour un peu partout. Le LTE désengorgera les réseaux 3G, saturés par un usage intensif et en constante progression de la vidéo et de l’internet mobile;
– Protection des données :
l’offre DLP (Data Loss Prevention) va connaître un tournant. Solution, offre packagée, service, logiciel ou boîtier, difficile de savoir aujourd’hui de quoi on parle. Le DLP devrait réunir plusieurs produits découlant d’une conduite de projet en amont ayant servi à identifier le niveau de sensibilité des données ainsi qu’à en définir les modalités d’indexation.
– Relance :
dans le cadre du plan de relance, l’informatique fait figure de parent pauvre. Espérons que le rattrapage se fera avec le grand emprunt. 4,5 Md€ sont attribués au numérique, répartis en 2 Md€ pour le très haut débit et 2,5 Md€ pour les usages et contenus innovants.
– Azure :
La plate-forme de développement hébergée de Microsoft a connu plusieurs faux départs en 2009. Elle devrait être sur orbite dans les semaines à venir pour en découdre avec l’App Engine de Google, Force.com de Salesforce, et EC2 d’Amazon. 2010 marque vraiment le début de la bataille des nuages.

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