Les résultats du troisième trimestre tombent les uns après les autres. Le plus fort de la crise semble passé. Certains sont prêts à sortir la tête de l’eau, d’autres souffrent toujours. Revue de détail.

IBM résiste grâce aux logiciels et à ses économies. « Notre stratégie a été de basculer vers nos métiers les plus profitables. C’est ce qui nous a aidé à générer davantage de marges, de bénéfices et de croissance », déclare Sam Palmisano, PDG d’IBM, dans un communiqué. Car si elle affiche de bons résultats, son entreprise ne défie pas la crise. Une fois de plus, son chiffre d’affaires a baissé d’une année sur l’autre, moins que les trimestres précédents, mais a baissé tout de même. Ce qui ne l’empêche pas de gagner plus qu’il y a un an.

Au troisième trimestre, son chiffre d’affaires a chuté de 7 %, pour s’établir à 23,6 milliards de dollars. Dans le même temps, les efforts marketing et la réduction des coûts ont payés car le bénéfice progresse de 14 %, à 3,2 milliards, comparé à la même période en 2008. IBM s’est en effet recentré sur ses métiers les plus profitables, à savoir les services et les logiciels d’infrastructure. Du coup, sa marge fait un bond de 43 à 45 % en un an.

Dans le détail, on note une belle progression de l’activité Websphere (+ 14 %) et le retour à la croissance des serveurs x86 (+ 1 %). Mais les services baissent, au global, de 6,7 %, les logiciels de 2,6 % et le matériel de 11,6 %. C’est donc surtout grâce à une meilleure gestion opérationnelle qu’IBM est parvenu à augmenter ses bénéfices.

Big Blue se dit toutefois très confiant pour le quatrième et dernier trimestre de l’année. Plusieurs gros contrats de services viennent d’être signés et le troisième trimestre a été clos avec 5 milliards de contrats non facturés de plus qu’il y a un an. IBM anticipe donc une croissance à deux chiffres de son bénéfice annuel avec l’objectif d’atteindre les 8 milliards de dollars de résultat net 2009. Le quatrième trimestre devrait aussi marquer le retour à la croissance. IBM prévoit donc un chiffre d’affaires supérieur aux 27 milliards du quatrième trimestre  2008… Un résultat obtenu, il est vrai, au plus fort de la crise économique.

Google surfe toujours sur la crise. La firme de Mountain View continue de surprendre avec des résultats encore meilleurs qu’attendus. Lors de son troisième trimestre fiscal, le moteur de recherche a présenté un chiffre d’affaires de 5,94 milliards de dollars en progression de 7 % par rapport à l’année dernière. Le bénéfice, quant à lui, explose à 1,64 milliard de dollars en croissance de plus de 27 %, aussi bien par rapport à l’année dernière qu’au trimestre précédent.

Même si le moteur de recherche n’a jamais vraiment connu de récession, il a quand même tenté de maîtriser ses coûts en abandonnant plusieurs projets peu rentables et en ralentissant fortement son rythme de recrutement. Aujourd’hui, fort des résultats annoncés, Eric Schmidt, PDG de Google, va relancer les investissements et les embauches.

Google devrait aussi reprendre les acquisitions petites ou grosses. Quant aux priorités futures, elles sont dans la publicité sur les mobiles, sur son système Androïd dont « les ventes vont exploser » selon Eric Schmidt. Ainsi que dans la monétisation de YouTube, dont le milliard de vidéos visionnées chaque semaine représente de formidables opportunités.

Nokia s’écroule sur les téléphones haut de gamme. Le lancement du N97 n’y aura rien changé. La part de marché du constructeur finlandais sur les smartphones fond comme neige au soleil. Supérieure à 50 % il y a un an, elle est aujourd’hui tombée à 35 %. Il n’a donc toujours pas trouvé la formule magique face à Apple et RIM. Et les résultats du troisième trimestre ne sont pas plus encourageants. Nokia a vendu 4,4 millions de mobiles série E (professionnels) et 4,5 millions de série N (multimédia), des chiffres en baisse face aux 9,3 millions d’appareils livrés au second trimestre. Résultat, Nokia affiche une perte sèche de 836 millions de dollars. Son chiffre d’affaire chute de 18,2 à 14,7 milliards de dollars. Seule bonne nouvelle, le fabricant conserve son leadership sur les ventes globales de mobiles avec 38 % du marché. A noter toutefois que les pertes affichées sont en majorité imputables à sa coentreprise Nokia Siemens Networks. A elle seule, l’entité a enregistré une perte de 1,36 milliard sur le trimestre. L’entité a souffert de nombreux problèmes de management et de corruption. Un nouveau PDG vient d’ailleurs d’être nommé depuis le 1er octobre.

AMD fait contre mauvaise fortune bon cœur. Pour le constructeur américain aussi, le plus fort de la crise semble passé. Mais il est encore difficile de parler de retour à la croissance. La demande repart, même si elle reste faible comparée à l’année dernière. Pour son troisième trimestre fiscal, le fabricant de processeurs affiche un chiffre d’affaires de 1,4 milliard de dollars en recul de 22 % par rapport à la même période en 2008. En revanche, il est supérieur de 18 % par rapport au second trimestre 2009. Toutefois, les pertes s’accumulent avec, cette fois, un déficit de 128 millions de dollars soit un peu moins que les 134 millions perdus l’année dernière à la même époque.

Les résultats d’AMD confirment la tendance de l’industrie. La croissance revient doucement, notamment pour les puces d’entrée de gamme qui motorisent les netbooks et les portables premier prix. De fait, les analyses de Gartner et IDC indiquent chacune un retour à la croissance dans la micro au troisième trimestre (entre + 0,2 % et 2 % selon l’institut). AMD ne s’est toutefois pas risqué au moindre pronostic pour la fin de l’année. Il s’est contenté d’indiquer que son chiffre d’affaires progressera de façon modeste. Le concurrent d’Intel reste donc toujours dans l’œil du cyclone.