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Google, numéro un de la publicité sur iPhone

Par La rédaction, publié le 10 novembre 2009

En rachetant la régie publicitaire pour mobiles AdMob pour 750 millions de dollars, Google met la main sur le leader du secteur, très présent sur la plate-forme d’Apple.

Le rouleau compresseur Google est une nouvelle fois entré en action pour conclure une acquisition d’envergure. En alignant 750 millions de dollars (sous forme d’échange d’actions) pour racheter AdMob, Google est allé droit vers son but à savoir dominer le marché publicitaire sur mobiles exactement de la même manière qu’il le fait sur la Toile. Créée en 2006 par Omar Hamoui, AdMob a développé toute une gamme d’outils publicitaires pour les versions mobiles des sites Web et les applications en ciblant plus particulièrement l’iPhone et Android. Les développeurs d’applications disposent d’outils simples pour monétiser plus facilement leurs créations. Les annonceurs peuvent quant à eux insérer des publicités sous des formes très variées (vidéos, itinéraires GPS…). AdMob propose également un outil d’analyse du trafic gratuit.

Un marché qui croît de 30 % par an

En trois ans, la compagnie basée à San Mateo, en Californie, s’est imposée comme la régie publicitaire numéro un sur le marché des mobiles avec un réseau fort de 15 000 sites et applications. La société compte parmi ses budgets clients Adidas, Coca-Cola, Ford, Land Rover, MTV Europe, Paramount Pictures ainsi que des éditeurs d’applications comme Accuweather et Electronic Arts.

Dans le communiqué annonçant l’acquisition, Susan Wojcicki, vice-présidente de la gestion des produits chez Google, déclare que « la publicité sur portables a énormément de potentiel, et même si ce secteur en est encore à ses débuts, AdMob a déjà fait des progrès exceptionnels en très peu de temps ». Selon des chiffres du cabinet eMarketer repris par Google, la publicité sur mobiles devrait atteindre les 416 millions de dollars cette année, encore très loin des 24 milliards de dollars que devrait générer la publicité en ligne classique. Un marché que la firme de Mountain View qualifie de « petit » mais qui croît rapidement, d’environ 30 % par an. Il devrait ainsi dépasser les 1,5 milliard de dollars en 2013.

Un joli portefeuille client

Bien que tout à fait en ligne avec la stratégie habituelle de Google, le rachat d’AdMob soulève la question du devenir d’AdSense pour mobiles. Lancée en 2007, la déclinaison de la régie publicitaire maîtresse du Web pour les téléphones mobiles n’a pas atteint le niveau d’efficacité d’AdMob. Il est clair que Google avait plus intérêt à investir directement pour se payer un outil à la pointe et récupérer un joli portefeuille client. Il est assez probable qu’AdMob soit intégré à AdSense. Il faudra attendre quelques mois pour que le rachat soit définitivement validé par les autorités de régulation avant de savoir de quelle manière Google absorbera cette acquisition.

AdMob trusterait environ 80 % des publicités insérées dans les applications iPhone. Un chiffre impressionnant mais qui s’explique par le fait que la compagnie a dès le début misé sur le smartphone d’Apple en développant des outils spécifiques. Selon les données d’AdMob, le trafic Internet généré par l’iPhone et l’iPod Touch a été multiplié par 19 entre septembre 2008 et octobre 2009. Il compte désormais pour 43 % du trafic Internet mondial sur smartphones.

Apple grillé par Google

En faisant tomber AdMob dans son escarcelle, Google s’assure ainsi d’un seul coup une position clé dans l’écosystème d’Apple (App Store et iTunes). Une perspective qui n’aurait pas échappé à Steve Jobs. Il se dit en effet que la firme à la pomme aurait tenté d’acquérir AdMob, poussant Google à surenchérir. Outre l’iPhone, AdMob a aussi beaucoup investi sur Android. L’OS de Google est en forte progression avec une offre de smartphones qui ne cesse de s’élargir.

Android totalise déjà 10 % du trafic Internet mobile mondial devant RIM, le WebOS de Palm et Windows Mobile. Et selon une étude récente du cabinet Gartner, Android deviendra numéro 2 mondial des OS mobiles d’ici trois ans, juste derrière Nokia. Fort de ce succès annoncé pour Android et de ce rachat d’envergure, Google peut désormais tranquillement bâtir la monétisation de ses services, sans vraiment craindre la concurrence.

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