Cinq cents DSI interrogés dans 14 pays ont nourri l’étude sur l’usage des systèmes d’information menée par Capgemini Consulting et coprésentée avec le Cigref.

Cette étude montre que, pour la première fois, certaines entreprises ont réussi à abolir la frontière qui sépare les DSI des directions métier », explique Donald Marchand, professeur à l’IMD, un centre de formation pour grands dirigeants basé à Lausanne. C’est à son initiative que Capgemini Consulting a monté cette enquête réalisée dans 14 pays auprès de 490 DSI (dont 90 Français). L’étude publiée sous forme de livre blanc a été coprésentée vendredi 4 décembre par Cyril François, de Capgemini Consulting, et Pascal Buffard, d’Axa France Services.

Les entreprises se répartissent en trois familles. La première, dénommée technologie métier, concerne celles pour qui le système d’information fait partie des actifs différenciants, se positionnant au cœur du métier de l’entreprise (37 % au niveau mondial, 40 % au niveau français). Dans ce domaine, parmi les plus avancées, figurent les entreprises de l’univers des assurances, de la banque, des médias et des télécoms.

Une deuxième famille, centres de service, distingue les entreprises dont le système d’information délivre aux métiers des réalisations selon leurs spécifications. Les actifs SI sont alors perçus à travers la fourniture de services associés (39 % des sociétés interrogées au niveau mondial, 44 % en France). La troisième famille, Utilitaires technologie, rassemble les entreprises au sein desquelles la fonction SI est surtout identifiée comme une ressource utilitaire (cela concerne 24 % des entreprises sondées au niveau mondial, 16 % en France).

Maîtriser les fondamentaux avant d’industrialiser

Selon les analystes de Capgemini, quelle que soit la famille, toutes les entreprises ont globalement progressé. Les premières ont su montrer qu’elles maîtrisaient leurs fondamentaux, qu’elles avaient progressé dans leur industrialisation. Ce qui a aidé les DSI à être mieux reconnus et à participer de façon plus active aux projets stratégiques.

Pour Donald Marchand, ces entreprises se sont améliorées en ce qui concerne les relations entre les hommes. Les DSI ont progressé dans leurs méthodes d’accompagnement des métiers. Et chacun a aussi montré plus de maturité dans la façon de collecter les données et de les utiliser. La crise a enfin joué un rôle non négligeable. Plutôt que de trancher net dans les budgets, les directions générales ont rapproché DSI, directions métier et financières pour arbitrer ensemble les investissements, maintenir les projets les plus stratégiques. Les dirigeants ont pris conscience que la DSI pouvait être plus un facteur de création de valeurs qu’un centre de coûts.

Mesurer la satisfaction des clients

Plusieurs DSI sont aussi intervenus au cours de cette matinée pour commenter l’étude, notamment Régis Delayat qui n’a pas hésité à affirmer que le modèle MOA/MOE représentait clairement un frein aujourd’hui dans le rapprochement voulu entre DSI et métiers. « Il faut l’abandonner. On ne peut pas se déclarer agile, évoluer à l’époque du Web 2.0 en conservant ce mode travail », dit-il. « Effectivement, cela reste certainement pertinent de continuer à utiliser cette démarché MOA/MOE pour s’industrialiser, quand tout n’est pas encore bien cadré. Mais pour des entreprises dont la fonction SI est jugée mature, cela peut vite devenir un handicap », conclut Pascal Buffard. Et de conseiller à tous de revoir leurs indicateurs.

Selon les DSI présents, on ne peut plus travailler en cherchant seulement à faire correspondre des indicateurs métiers et des indicateurs SI. Il faut aujourd’hui – et c’est déjà ce qui se passe dans l’assurance ou dans les télécoms – réussir à mettre en place des indicateurs qui mesurent la performance métier, voire la satisfaction clients.