Confrontée à des enjeux concurrentiels et environnementaux colossaux, l’aéronautique européenne doit inventer l’avion du futur. Deux milliards d’euros du plan de relance y seront consacrés.

L’industrie aéronautique se trouve à la croisée des chemins : outre une concurrence féroce au niveau mondial, les industriels européens font face à des défis environnementaux énormes. Ainsi, l’Acare, conseil consultatif pour la recherche aéronautique en Europe, a fixé à l’horizon 2020 des objectifs extrêmement ambitieux à la filière. Diminution par deux de la consommation de carburant, des émissions de CO2 ainsi que du bruit perçu et réduction de 80 % des  émissions de NOx (oxydes d’azote). Or 2020, c’est demain lorsqu’on sait qu’il faut une dizaine d’année pour concevoir un nouvel avion de ligne.

Une course à l’innovation a commencé

Le branle-bas de combat est déclaré dans la filière pour développer les technologies de demain qui permettront d’atteindre ces objectifs très ambitieux. Aerospace Valley, le pôle de compétitivité de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués se mobilise. Ce poids lourd économique, avec 1 300 établissements, 94 000 emplois et 8 500 chercheurs, pèse 10 milliards d’euros dans l’économie française. Il se rapproche maintenant des centres de recherche afin de développer les technologies nécessaires au décollage de cet avion du futur.

L’Inria pousse ses chercheurs vers les industriels

« Une recherche académique cloisonnée, une recherche qui ne sait pas communiquer, ça fait partie du mythe du chercheur vu par l’industriel », clame Bruno Sportisse, directeur du transfert et de l’innovation de l’Inria. Dans les multiples domaines d’étude concernés, l’informatique est omniprésente comme le souligne Bruno Sportisse : « Il y a beaucoup de simulation, beaucoup de calcul, des logiciels dont certains sont des livrables, des systèmes embarqués ou des outils de CAO. Le logiciel forme un pilier transverse qu’on retrouve partout ». L’Inria possède des groupes de recherche qui travaillent dans de multiples spécialités : l’embarqué, la simulation numérique, les problèmes de maillages, le grid computing. De nombreux industriels mettent déjà à profit certains travaux de recherches de l’Inria. Citons le projet Bacchus dans le domaine de la simulation en dynamique des fluides compressibles, le projet Gamma qui développe des algorithmes de génération automatique de maillages des modèles 3D ou encore le projet Golaem qui simule les comportements humains, notamment dans les halls d’assemblage.

Vous pourrez retrouver notre enquête sur l’impact des projets de recherche informatique dans le domaine de l’aéronautique dans le numéro 2031 du magazine 01 Informatique, disponible en version papier ou dans son édition électronique.