Le visage est-il le moyen de paiement le plus sur, le plus rapide et le plus pratique pour valider des achats ? C’est ce que pensent Paypal et Uniqul qui lancent en Europe des tests.

Le visage est-il le moyen le plus efficace pour valider un paiement ? Pour l’américain PayPal, comme pour le finlandais Uniqul, c’est une évidence. Ces deux entreprises ont décidé de proposer cette technique pour certifier leurs achats. En effet, c’est l’une des méthodes les plus simples.

Chez Paypal, il faut disposer d’un compte et télécharger une application. Le commerçant reçoit ensuite sur son smartphone la photo et le nom du client qui, lui, reçoit une facturette à valider. Nul besoin de carte bancaire, ni même d’une pièce d’identité.

La méthode finlandaise est un peu différente. En ouvrant un compte chez Uniqul, le client enverra une photo qui servira à valider ses achats. Il lui faudra passer devant une caméra dotée d’un logiciel de reconnaissance facial. Une fois le visage identifié et le paiement accepté, le vendeur encaisse le montant de la facture. Cette fois, même le smartphone est superflu.

Des « algorithmes de niveau militaire »

Ces systèmes ne sont pas de la science-fiction, ni réservés à la sécurité comme dans les banques et les aéroports. L’un et l’autre sont en cours de test. D’ailleurs, celui de PayPal est actuellement en phase d’essai dans plusieurs magasins de Londres comme l’a révélé Wired.

Pour Uniqul, les essais vont bientôt démarrer dans des boutiques d’Helsinki. À la différence de la méthode Paypal, il faudra s’abonner pour l’utiliser. Les tarifs vont de 0,99 euros à 6,99 euros selon la zone géographique couverte. Quant aux risque de sécurité, la société finlandaise dit utiliser des « algorithmes de niveau militaire » pour protéger les données des hackers.

Pour Ruslan Pisarenko, directeur commercial de Uniqul, la reconnaissance facial reste le moyen de paiement le plus efficace face aux cartes bancaires, au paiement sans contact et aux autres systèmes biométriques : « C’est la solution idéale pour les commerces très fréquentés. La reconnaissance vocale est très sensible aux bruits parasites et il est facile d’obtenir des échantillons de voix pour tromper le système. La biométrie par empreintes digitales ou scan de la rétine sont des technologies de courte distance, ce qui limite beaucoup la facilité et l’efficacité d’usage », a t-il déclaré à futura-sciences.

Un problème de déontologie ?

En France, cette méthode pose question. Le fichage facial reste une technique très délicate en terme de protection de la vie privée. Sur ces dossiers, la législation européenne, avec les CNIL, reste très vigilante. Rappelons que la RATP a exploré ces systèmes pour remplacer le pass Navigo. À peine ce projet a-t-il été dévoilé dans la presse qu’une polémique est née.

La régie de transport a aussitôt répondu qu’elle abandonnait ce projet après avoir lancé un appel à compétence pour le mettre en place. À l’époque, les responsables de la RATP ont expliqué au site Numerama que cette initiative n’avait pas été validée par la hiérarchie et, surtout, qu’elle « ne correspond pas à la déontologie de l’entreprise ».