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Le Cigref appelle à soutenir l’écosystème informatique

Par La rédaction, publié le 07 octobre 2009

On jouait à guichets fermés, hier, à l’assemblée générale du Cigref. Les grands patrons informatiques ont appelé à éviter que la crise ne crée une rupture dans les négociations avec les fournisseurs.

Faire en sorte que la crise économique ne se transforme pas en crise du numérique. Tel était le message qu’ont voulu faire passer hier matin les grands patrons informatique français réunis à l’occasion de l’assemblée générale du Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises).

Bruno Ménard, DSI de Sanofi-Aventis et président de l’association, s’est d’ailleurs avancé prudemment sur le terme de reprise ou de fin de récession, martelant que quoi qu’il arrive, l’innovation constituait la seule porte de sortie pour les pays qui tireront la croissance de demain.

Relâcher la pression les fournisseurs

Dans ce domaine, le DSI a bien entendu son rôle à jouer. Mais pas n’importe comment, l’a expliqué Jean-Marc Lagoutte, vice-président du Cigref et DSI de Danone. Celui-ci a fortement insisté sur le risque en période de crise d’appauvrir l’écosystème, sous-entendant auprès de ses confères qu’il fallait un peu « relâcher la pression sur les fournisseurs ».

Le nombre de projets a en effet réduit. Les restrictions budgétaires sont plus fortes. Les négociations commerciales se sont musclées et des tensions sont nées autour d’audits de licences de plus en plus fréquents ou à l’occasion du rachat de plus petits éditeurs. En contrepartie, le Cigref demande aux fournisseurs de rendre plus flexibles leurs offres à travers des solutions telles que le Saas. « Nous ne voulons payer que l’usage réel et rien que ça », a clamé Bruno Ménard.

Editeurs, constructeurs et SSII doivent aussi accompagner davantage leurs clients dans leur héritage applicatif et dans les produits en fin de vie, à l’image de l’atelier de génie logiciel Pacbase d’IBM. Ils demandent aussi aux fournisseurs de réfléchir à leurs clients avant de se lancer dans de vastes réorganisations des forces commerciales ; Oracle a ainsi été mis en accusation dans sa gestion du rachat de BEA. Lors de cette assemblée, nous étions donc bien loin des grandes envolées antiMicrosoft du début des années 2000. Place aujourd’hui au dialogue constructif au travers de chartes déjà établies avec IBM, Microsoft, Orange Business Services, Oracle, SAP et Google.

DSI : le patron de l’entreprise numérique

L’autre volet important de ce rendez-vous du Cigref a porté sur le rôle d’influenceur du DSI. « Le DSI change de fonction. Certains d’entre nous ont en charge la gestion des processus de l’entreprise, d’autres la logistique. Nous devons devenir les directeurs généraux d’entreprises numériques et étendues », a tonné Bruno Ménard. Plus que d’être le patron d’une usine numérique, le DSI doit, en 2010, positionner le système d’information comme étant le système nerveux de l’entreprise. Un discours qui montre encore à quel point le chemin est long pour faire enfin admettre cette profession de DSI dans le sérail des hauts dirigeants des entreprises.

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