La dernière édition du baromètre CapEx de GE Capital, qui se penche sur les perspectives d’investissement des TPE et PME européennes, dévoile un net regain de confiance au sein de ces petites structures.
Les chefs d’entreprise français interrogés sont désormais 23 % à se déclarer sereins face à l’avenir. Un chiffre en forte augmentation sur un an, puisqu’en 2012, ils n’étaient que 4 % à afficher leur confiance.
En dépit de ce moral retrouvé, la France reste cependant frappée d’un pessimisme plus ancré que chez ses voisins. En Allemagne, et au Royaume-Uni, par exemple, près d’une entreprise sur deux affiche ouvertement sa confiance (45 % outre-Rhin et 54 % outre-Manche).
Les entrepreneurs polonais complètent ce podium de l’optimisme, avec un score de 45 % d’entrepreneurs sereins.
En matière d’investissement, cette confiance retrouvée se traduit par une nette augmentation des budgets prévisionnels. L’étude menée par GE Capital en janvier et février 2014 dévoile que les intentions d’investissement des TPE et PME françaises grimpent de plus de 40 % sur un an. Une flambée qui porte le montant des investissements potentiels à près de 90 Md€, contre 63,8 Md€ l’an passé, et place la France en 2ème position en Europe, derrière l’Allemagne.

L’investissement IT a la cote
Sans surprise, l’essentiel de ces projets d’investissement est tourné vers l’optimisation de leurs outils de production. Dans les intentions relevées par GE Capital, 42,7 Md€ pourraient être alloués à ce seul secteur, soit une augmentation de 45 % sur douze mois.
Les investissements IT représentent une priorité majeure pour ces structures. L’acquisition de matériel informatique, de logiciels et d’équipements bureautiques devrait faire l’objet d’un investissement global de 26,5 Md€ pour 2014.

Le crowdfunding comme solution ?
En matière de méthode d’investissement, le rapport publié par la filiale du géant américain de l’énergie note que le crowdfunding fait une entrée remarquée dans les stratégies des TPE et PME. Elles sont désormais plus d’un tiers (34 %) à envisager de boucler les budgets de leurs projets grâce au financement participatif.
Les solutions traditionnelles restent cependant largement majoritaires, puisque 84 % des personnes interrogées prévoient de se tourner vers les banques. Un peu plus de la moitié d’entre elles (57 %) envisage d’opter pour le financement par le fabricant et 49 % étudient la possibilité d’un recours à un professionnel du crédit-bail ou du leasing.
À noter que dans 41 % des cas, c’est finalement le capital de l’entreprise qui est utilisé pour mener à bien ces processus d’investissement.

Des investissements cruciaux
Cette étude, menée dans 7 pays, auprès de 2292 entrepreneurs, révèle enfin que les entreprises françaises sont lourdement pénalisées en raison de l’obsolescence de leurs matériels. GE Capital estime que le retard accumulé par les acteurs français devrait leur faire perdre des opportunités d’affaire dont le montant global avoisinerait 11,4 Md€ pour la seule année 2014.
C’est notamment le secteur de la robotisation qui est le plus sensible depuis plusieurs années, déjà épinglé, en 2012, par le rapport Gallois.
En comparaison, l’industrie allemande dispose d’un parc de robots industriels plus récent, mais surtout cinq fois plus conséquent que celui implanté en France (34 500 contre 157 000 en Allemagne).