À peine nommée, Axelle Lemaire va devoir très rapidement faire ses preuves en tant que secrétaire d’État au numérique. Le secteur, demandeur d’actions rapides, attend avec impatience que la Franco-Canadienne prenne à bras-le-corps les premiers dossiers chauds.

Et ceux-ci ne manquent pas, au premier rang desquels figure le rachat en cours de SFR par Numericable, et plus globalement le secteur des télécoms. Cette opération, véritable feuilleton de ces dernières semaines, est scrutée de près par le gouvernement. Celui-ci craint en effet une réduction des effectifs, tout en veillant à ce que les engagements en matière d’investissements soient tenus.

Par ailleurs, Axelle Lemaire devra réfléchir avec les actionnaires d’Orange à la meilleure façon de développer l’opérateur, tout en surveillant qu’une fusion éventuelle Free-Bouygues Telecom ne soit pas, là encore, destructrice d’emplois.

Ce dossier des télécoms est d’autant plus difficile à appréhender pour l’ancienne secrétaire de la section londonienne du PS que son ministre de tutelle, Arnaud Montebourg, s’y est déjà investi personnellement. De sa capacité à limiter la casse sociale sans s’effacer devant le champion du made in France dépend une partie de la crédibilité future d’Axelle Lemaire.

Des sanctions pénales infligées par la CNIL ?

Autre dossier urgent : la protection des données personnelles. Alors qu’un texte est en ce moment à l’étude sur le sujet à Bruxelles, la France devra, comme les autres, le transposer. Fleur Pellerin avait entamé un travail pour renforcer les pouvoirs de la CNIL, lui donnant éventuellement la possibilité d’infliger des sanctions pénales.

Par ailleurs Axelle Lemaire devra aider les start-ups françaises à attirer les investisseurs, ce qu’elles peinent aujourd’hui à faire et qui les handicape face à la concurrence internationale.

Elle devra églament accélérer la transition numérique de l’administration, à la traîne sur ce sujet. Enfin la secrétaire d’État au numérique aura la lourde tâche d’aider le secteur culturel français à s’imaginer un avenir commercial, tout en conservant « l’exception » à laquelle il est logiquement attaché. Et l’on ne parle là que des priorités…