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Les projets informatiques de l’Administration britannique dérapent aussi

Par La rédaction, publié le 09 mars 2012

Un rapport de l’équivalent britannique de la Cour des comptes met le doigt sur les retards d’un programme informatique de l’administration fiscale.

Un rapport du National Audit Office, sorte d’équivalent de la Cour des comptes, pointe du doigt les retards répétés de projets au sein de l’administration fiscale britannique. Ce rapport, mentionné par le quotidien The Guardian, concerne plus précisément le programme informatique lancé en 2006 par HMRC (Her Majesty’s Revenue & Customs) destiné à endiguer la fraude et l’évasion fiscale. Celle-ci est estimée à 35 milliards de livres soit 7,9 % du total des obligations fiscales.

Ce programme a rempli une partie de ses objectifs, délivrant 4,32 milliards de livres de rentrées fiscales supplémentaires sur la période allant de 2006 à 2011. Mais les cinq projets informatiques majeurs, représentant une valeur totale équivalente à 62 % du coût du programme (387 millions de livres), ont tous manqué leur rendez-vous. Au registre des raisons expliquant les retards, on retrouve : la validation tardive du pilote, le changement de spécifications en cours de projet, une plus grande complexité de l’intégration que prévue, mais aussi un délai supplémentaire lié à la nécessité de rester dans l’enveloppe de financement annuelle.

Des dépenses IT réduites de moitié en deux ans

Néanmoins, si beaucoup de projets informatiques dérapent, ils amènent aussi leur lot d’économies sur les dépenses opérationnelles de l’administration fiscale britannique. C’est, en tout cas, ce qu’a voulu souligner le directeur informatique de HMRC, qui a déclaré récemment avoir réduit sa dépense informatique de moitié en deux ans. En grande partie grâce à la rationalisation du nombre de plates-formes, mais aussi à une plus forte pression exercée sur les prestataires. Rappelons que HMRC a signé en 2004 un contrat faramineux avec Capgemini, d’une valeur approximative de 2,8 milliards de livres sur dix ans afin de moderniser son informatique. HMRC a déjà revu à la baisse cet accord deux fois, en 2009, puis cette année.

Lors de la publication de ses résultats annuels, Capgemini a ainsi annoncé que le contrat serait de nouveau réduit d’une nouvelle tranche de 80 millions d’euros (pour un montant total d’environ 900 millions d’euros en 2011) cette année. A l’issue de cette renégociation, HMRC a décidé de reprendre en direct les contrats des sous-traitants de Capgemini.

 

L’Administration critiquée pour ses projets informatiques coûteux

Ces déclarations du directeur informatique quant aux économies réalisées interviennent alors que des voix s’élèvent outre-Manche pour dénoncer les programmes trop coûteux signés entre l’Administration publique, en général, et de grands prestataires. Le rapport d’une commission parlementaire publié cet été révélait ainsi que l’Administration payait beaucoup trop cher les projets informatiques comparé aux standards du marché. Ce rapport évoquait également sa trop grande dépendance à quelques ténors des services informatiques. Le contrat entre Capgemini et HMRC était d’ailleurs cité à titre d’exemple emblématique de ces accords trop complexes à gérer.

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