Mettant en avant leur éloignement de la zone touchée par le virus, des SSII tunisiennes proposent à leurs homologues françaises de renforcer leur plan de continuité d’activité.

La mondialisation au service la mondialisation. Alors que la grippe A (H1N1) touche ou va toucher l’ensemble de la planète, l’offshore vient au secours des SSII françaises. En dépit des mesures de prévention envisagées cet été – recours au télétravail, doublement des compétences clés, etc. –, ces dernières auront dû mal à respecter leur plan de continuité d’activité (PCA). Rappelons que l’absentéisme pourrait concerner jusqu’à 25 % des effectifs lors du pic de la pandémie !

De façon opportune, le Get’IT, groupement de huit sociétés tunisiennes spécialisées dans les services informatiques et les centres d’appels (800 collaborateurs), vient de mettre en place une cellule de crise à l’attention de ses partenaires SSII françaises. But : profiter de l’éloignement géographique vis à vis de la zone infectée par le virus pour renforcer ce fameux PCA. En partageant les mêmes dispositifs, il serait alors possible de basculer, de part et d’autre de la Méditerranée, des services de TMA, de support ou d’infogérance. Tunis et Paris évoluant, – la nature est bien faite –, sur le même fuseau horaire.

Une mécanique d’autant plus séduisante que les épidémiologistes s’attendent à un décalage dans le temps de la progression du virus. « En Tunisie, le pic de la grippe A est attendu en octobre-novembre alors qu’il pourrait intervenir dès septembre en France », note Zouhir Mouelhi, directeur général de Tunis Call Center et membre du Get’IT. Selon le ministère de la Santé tunisien, le pays ne connaîtrait actuellement que 37 cas déclarés.

Mutualiser les risques pour rassurer le client final

Les SSII françaises intéressées par l’offre et pour lesquelles le Get’IT intervient en sous-traitance souhaitent garder l’anonymat. Il s’agit néanmoins de sociétés de taille importante selon Amine Aloulou, directeur commercial d’Oxia, société membre du groupement. « Contractuellement, ces grandes SSII sont tenues à des engagements de maintien de l’activité auprès de leurs clients finaux. » En mutualisant les risques, l’offshore, en l’occurrence le nearshore s’agissant du Maghreb, permettrait par un effet de cascade, de respecter ces niveaux d’engagements.

Pour sa part, Zouhir Mouelhi a été consulté pour absorber 25 % des appels du service clients « d’une filiale française d’un leader mondial ». Dernier point fort avancé par le Get’IT : la qualité du système de soin et de protection sociale de la Tunisie, proche du modèle français.