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Orange planche sur le rachat de Bouygues

Par La rédaction, publié le 16 mai 2014

Malmenée depuis l’échec du rachat de SFR, la filiale télécom de Bouygues pourrait finalement trouver une porte de sortie grâce à Orange. L’opérateur historique a reconnu jeudi, par voie de communiqué, qu’un rachat du troisième opérateur français n’était pas une hypothèse à exclure.
Interrogé sur le sujet vendredi, le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg, qui avait à l’époque pris ouvertement parti pour Bouygues Telecom lors de la vente de SFR par Vivendi, a cette fois affiché plus de retenue, tout en rappelant avoir « toujours défendu depuis deux ans le retour à trois opérateurs  ».

Une option viable pour l’État…
Si l’État refuse de se positionner officiellement sur une opération entre deux sociétés cotées, il verrait sans doute ce mariage d’un bon œil. Déjà, un rapprochement permettrait de redresser la situation de Bouygues Telecom, qui a récemment confié plancher sur un plan de suppression d’emplois qui pourrait concerner jusqu’à 2 000 de ses 9 000 collaborateurs.
L’opérateur, s’il assure avoir les reins suffisamment solides pour continuer seul, ne semble donc plus en mesure de résister face à la guerre des prix du mobile et du fixe qui régit le marché depuis l’arrivée de Free.
La firme dirigée par Xavier Niel apparaissait d’ailleurs comme le repreneur naturel idéal pour Bouygues Telecom, mais le PDG du nouvel opérateur refuse, pour l’heure, de casser sa tirelire. Selon Les Échos, Free serait prêt à investir 4 à 5 Md€ là où Bouygues espère en récupérer deux fois plus.

… mais aussi pour Bouygues
L’option Orange pourrait du coup constituer une très belle opportunité pour Bouygues Telecom qui, grâce à cette opération, arriverait dans le capital d’Orange, jusqu’à en détenir près de 10 %. Un tel montage lui permettrait alors – avec son partenaire JCDecaux – de devenir le principal actionnaire du leader français des télécoms, derrière l’État (27 %).
Le mariage Orange-Bouygues Telecom, qui présente de belles perspectives pour les deux camps, reste néanmoins soumis à quelques obstacles majeurs, notamment parce que cette nouvelle entité concentrerait à elle seule la moitié du marché de la téléphonie mobile en France et entre 44 et 45 % du marché du fixe. Un renforcement sur lequel Bruxelles pourrait avoir son mot à dire, exigeant probablement d’importants sacrifices de la part d’Orange pour que l’opération se réalise.

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