Avant de débloquer 2 milliards d’euros, le gouvernement lance un appel à projets pilotes et demande aux opérateurs de dévoiler leur plan de déploiement de la fibre optique.

Dévoilé à la mi-2010, le programme national qui prévoit d’accorder 2 milliards d’euros d’investissement dans les réseaux très haut débit entre dans une phase opérationnelle. Le déblocage des fonds n’interviendra toutefois pas avant 2011, au terme de trois étapes qui jalonneront le processus.

La première consiste à lancer un appel à projets pilotes. Cinq expérimentations, menées conjointement par un opérateur et une collectivité locale, pourront être subventionnées jusqu’à hauteur de 500 000 euros chacune. Ces tests « grandeur nature » ne concerneront que les zones géographiques à faible et moyenne densité de population. Ces cinq projets, dont les déploiements s’étendront de l’automne 2010 à l’été 2011, serviront de retours d’expérience afin de valider les aspects techniques, financiers et juridiques de ces déploiements.

La deuxième étape vise clairement à faire « sortir du bois » les opérateurs télécoms. Orange, SFR, Free, Bouygues Télécom et les autres ont jusqu’au 31 janvier 2011 pour faire connaître leurs intentions d’investissement en dehors des zones très denses (Paris, petite couronne parisienne, Lyon, etc…) et ne nécessitant pas de subventions publiques, pour établir la cartographie prévisionnelle du très haut débit de la France à l’horizon 2015. L’objectif est de diriger les investissements publics à venir vers les régions délaissées par ces opérateurs.

La troisième et dernière étape consistera en l’ouverture des guichets de financement, laquelle ne devrait pas intervenir avant le premier semestre 2011. A cette date seulement, les fonds commenceront alors à être véritablement distribués. Reste cependant à en définir les modalités d’attribution. Le but du gouvernement avec ce plan de financement de 2 milliards d’euros, bien inférieur au coût du déploiement national de la fibre optique dans tous les bâtiments en France, est d’accompagner l’initiative privée en misant sur un effet de levier. Un sacré pari !