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Que font les entreprises IT pour lutter contre la corruption ?

Par La rédaction, publié le 15 mars 2010

Contrôle interne, réseau de déontologues, système d’alerte éthique… Une étude de Vigeo détaille les stratégies anticorruption des entreprises européennes. SAP et Steria font figure de bons élèves.

En échange d’une somme d’argent, d’une promesse, d’un avantage ou tout simplement d’un cadeau d’affaires, tout salarié peut être potentiellement sujet ou victime d’un acte de corruption au cours de sa carrière. Vigeo, spécialiste de l’audit en responsabilité sociale, a analysé les stratégies anticorruption des entreprises européennes et nord-américaines, une première pour ce phénomène qui fait encore figure de tabou. Puis l’agence d’évaluation extrafinancière a établi un classement par secteur.

Résultat : le secteur européen des logiciels et services obtient une note de 45 sur 100. Soit pile-poil la moyenne européenne, toutes activités confondues. Le secteur matériel et équipement informatique fait légèrement mieux, avec 53 sur 100.

« L’informatique ne fait pas partie des domaines les plus exposés tels que le pétrole, le gaz, l’aéronautique ou le secteur de la Défense, tempère Jean-Philippe Rouchon, analyste au sein du service investissement socialement responsable (ISR) de Vigeo. Nous avons établi une pondération de 1 à 3 en fonction de l’exposition aux risques de corruption. Les deux secteurs IT ont été pondérés à 1. »

Ce qui n’empêche pas les sociétés informatiques d’être concernées par le problème lors de passation de marchés entre entreprises de secteurs différents. Exemple type : un éditeur partenaire d’une entreprise évoluant dans la Défense dans le cadre d’un appel d’offres.

Corrupt Legislation, par Elihu Vedder
peinture murale (bibliothèque du Congrès des Etats-Unis)

En tête des bons élèves luttant contre la corruption, on trouve SAP. Son score élevé (76 sur 100) est à mettre à l’actif de son réseau décentralisé de compliance officers, chargés d’assurer l’intégrité des opérations au sein des différentes entités du groupe. « Si, dans une multinationale, il n’y a qu’une seule personne en charge de la prévention, il lui sera difficile de savoir si une filiale située dans pays lointain est à l’origine d’un acte suspect. »

D’autant que dans beaucoup de pays, les cadeaux d’affaires font partie de la culture d’entreprise. « Il faut pouvoir poser des limites sur les montants des cadeaux rapportés au niveau de vie local », note Jean-Philippe Rouchon. Autre bon point au crédit de SAP, l’éditeur travaille aussi avec Transparency International, une ONG basée à Berlin.

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