L’éditeur allemand publie des résultats inférieurs aux attentes pour son troisième trimestre. Les ventes de licences ont chuté de 30%.

Un chiffre d’affaires nettement en deçà des attentes mais qui n’inquiète pas forcément l’éditeur. Voila comment on peut résumer l’attitude de SAP lors de l’annonce des résultats de son troisième trimestre. Le chiffre d’affaires s’établit à 2,508 milliards d’euros (en normes comptables américaines Gaap) en recul de 10% par rapport au même trimestre l’an passé et de 5% par rapport aux attentes. Le bénéfice net s’est lui par contre amélioré passant de 389 à 435 millions d’euros (+12%). « Nous disposons également de 3 milliards en trésorerie contre 1,6 l’an passé à la même époque », dit aussi Pascal Rialland. Le DG de l’entité France conserve donc un moral solide malgré des ventes de licences et services en chute de 31% et alos que son concurrent Oracle a publié lui une stabilité de son activité nouvelles licences. « Mais en tenant compte de nos revenus de maintenance qui ont augmenté de 8%, et nos économies de coûts d’exploitation notre recul n’est plus que de 3% ». ajoute-t-il. Le groupe Allemand s’est, rappelons-le, défait ces derniers mois de près de 5% de ses effectifs qui se montent aujourd’hui à environ 45 000 personnes. Outre la crise qui affecte le marché, SAP tente aussi d’expliquer la baisse des ventes de licences par le changement des comportement d’achats. « Les entreprises préfèrent étaler leurs dépenses, plutôt que de payer dès la livraison, au risque d’avoir une facture plus élevée », explique Pascal Rialland.

La réussite bienvenue de Business Objects

Quant à la filiale française, même si elle a souffert, elle affiche selon son DG de meilleurs résultats que le groupe. « Nous avons noté une nette reprise au niveau des PME [CA compris entre 100 et 500 millions d’euros, NDLR] au cours du troisième trimestre. Cela devrait se poursuivre au cours des prochains mois ». Une croissance appuyée dans ce domaine par des projets autour de la logistique, du déploiement d’outils de planning budgétaire, de consolidation financière. Il affirme aussi que la moitié des ventes de licences proviennent de Business Objects. « Cela confirme une reprise en main par les directions financières qui veulent des outils d’analyse poussés ». BO bénéficie enfin d’une forte capillarité dans le monde des PME. Par contre SAP ne perçoit pas encore de reprise du côté des grands comptes. « Nous arrivons tout de même à signer quelques grands contrats dans la grande distribution (un projet de CRM chez Casino), dans le secteur public (la Direction générale des impôts algérienne, un projet BO à la Macif), dans la banque (installation d’un outil de consolidation financière à La Banque Postale), ou encore dans la santé où nous travaillons avec Accenture dans le projet AP-HP ou sur de plus petits projets avec les hôpitaux de Cannes, Montceau les mines », dit Pascal Rialland.

Pas de baisse des prix

Pour l’année à venir, si le DG France compte sur un probable effet de seuil entre 2009 et 2010, il n’affiche aucune inquiétude quant au potentiel du marché. « Notre portefeuille de prospects a doublé par rapport à 2008 et en moyenne nous avons un taux de conversion de 30% ». L’éditeur ne compte pas non plus baisser ses prix excepté sur une frange de son marché PME pour laquelle la tarification avait été mal évaluée. Et même s’il insiste sur une croissance plus que légère, sur une poursuite de l’austérité et sur le contrôle des coûts, le DG France ne désespère pas de dépasser les 6% de croissance sur la vente de logiciels l’an prochain. « J’escompte aussi une croissance sur les marché des outils de gestion des performances sociales, sur les logiciels de pilotage des indicateurs environnementaux », conclut Pascal Rialland. Le développement de solutions en mode Saas pourrait enfin apporter à l’éditeur allemand son lot de projets, mais davantage sur des applicatifs périphériques.

Des acquisitions en vue

Côté acquisition, SAP avance avec prudence. La croissance externe est menée selon deux vecteurs une fois identifiés des besoins dans des secteurs industriels (la vente de détail, les télécoms, les médias, la banque-finance) ou plus simplement par opportunité financière. Mais rien à attendre visiblement d’une extension vers les services.