Le long processus dans lequel s’est engagé HP en 2012 n’en finit plus de peser sur les effectifs du géant américain de l’informatique. L’ancien leader mondial du PC vient d’annoncer la suppression prochaine de 11 000 à 16 000 postes. Ils viennent s’ajouter aux 34 000 suppressions déjà prévues dans le cadre du premier volet de son plan de restructuration.
Au total, ce sont près de 50 000 emplois qui sont menacés, alors que les premiers plans de la direction, en mai 2012, faisaient état d’une restructuration portant sur 27 000 postes. Cette annonce, effectuée en marge de la publication des résultats trimestriels du groupe, matérialise un peu plus les difficultés auxquelles il est confronté. Ou tout du moins auxquelles il semble s’attendre.
Résultats encourageants
Car si HP n’est pas totalement parvenu à atteindre les prévisions fixées par le consensus, les résultats publiés sur ces premiers mois de l’année 2014 sont loin d’être catastrophiques. Son chiffre d’affaires, qui s’établit à 27,3 Md$, en baisse de 1 %, a connu un recul légèrement plus prononcé que prévu puisque le marché tablait sur un CA de 27,4 Md$. En revanche, le résultat net de l’entreprise a progressé de 18 % pour se porter à 1,3 Md$. Le bénéfice par action ressort à 0,88 $, en accord avec les prévisions du consensus.
Le géant américain de l’informatique semble donc être parvenu à sortir de la spirale négative, mais ses résultats peuvent également être perçus comme un trompe-l’œil. La plupart des divisions de l’entreprise n’ont toujours pas renoué avec la croissance : la partie logicielle reste stable, mais le secteur de l’impression est en baisse de 4 % et celui des entreprises de 2 points.
Amélioration contextuelle
Le principal motif de satisfaction de HP se trouve dans la bonne tenue de son activité PC, qui a vu son volume croître de 7 %, notamment grâce à la branche dédiée aux professionnels (+12 %). Une éclaircie qui pourrait cependant ne pas durer.
Pour la majorité des analystes, le PC a bénéficié de la fin du support technique de Windows XP par Microsoft, obligeant de nombreux professionnels à revoir leur parc informatique. Cet effet XP, que la PDG de HP, Meg Whitman, espère voir se prolonger durant « 12 à 18 mois » permet en tout cas au groupe de relever légèrement ses prévisions de bénéfice pour l’année, estimées désormais entre 3,63 et 3,75 $ par action.
Un écran de fumée qui n’a pas totalement rassuré les marchés puisque, jeudi, le titre HP a brutalement décroché à Wall Street, abandonnant 2,28 % après une séance plutôt sereine jusqu’alors.