A l’heure où de multiples technologies cohabitent au sein des baies de stockage, la ventilation dynamique des données au sein de ces infrastructures revêt une dimension stratégique. C’est là tout l’intérêt du tiering des données. Cette brique d’intelligence essentielle au sein d’une infrastructure mixte optimise l’allocation des ressources et garantit l’accès à la bonne donnée au bon moment.

L’arrivée à maturité des solutions flash, et la baisse des coûts de ces supports ont accéléré leur intégration dans les infrastructures de stockage. Les solutions hybrides associant HDD et SSD (ou autres technologies flash) offrent ainsi un compromis idéal : elles offrent un prix au gigaoctet bien moindre que ne le ferait une baie 100% flash, tout en en délivrant les performances de pointe aux applications gourmandes en I/O. Mais pour tirer le meilleur parti de ces baies, il convient de hiérarchiser les données et d’allouer à chacune le support le mieux adapté afin d’optimiser le mix prix/performances. C’est le tiering.

Hiérarchiser les données

Ainsi, les données écrites le sont d’abord sur les premiers niveaux de stockage, rapides (SLC), puis à mesure que le temps passe, elles sont transférées automatiquement vers d’autres supports (MLC) jusqu’aux disques durs classiques, niveau de stockage le plus lent, mais aussi le moins coûteux. Ce processus revient à positionner les données sur la classe de stockage qui répond le mieux à leurs besoins tout au long de leur cycle de vie, en fonction de leur fréquence d’utilisation, de leur âge, ou encore de leur niveau de protection et de leur performance.

Réduire les coûts et améliorer l’efficacité

La hiérarchisation automatisée du stockage a deux buts primordiaux : la réduction des coûts en même temps qu’une efficacité de stockage accrue. Déplacer les données les moins fréquemment utilisées vers les disques les moins coûteux, de manière à maximiser l’usage des supports les plus couteux au sein de la même baie de stockage.

Principal atout : un gain indéniable en souplesse, en efficacité, mais aussi en productivité. Reynald Morel, DSI de Public Système, explique : « La data progression a été le critère déterminant. Nous avons beaucoup de données dormantes, que nous n’avons pas besoin de stocker sur des disques haute performance. Le fait de pouvoir les déplacer automatiquement sur des disques SATA à bas coût était pour nous un vrai bénéfice économique». Autre avancée : une décharge totale de la gestion de la baie.

Une couche d’intelligence applicative

La plupart des administrateurs de stockage de données comprennent bien aujourd’hui les avantages de l’automatisation et l’intérêt économique qu’un tel procédé comporte. Mais si certaines DSI sont prêtes à faire entièrement confiance au logiciel intégré à la baie, d’autres entendent conserver un certain contrôle de leurs infrastructures de stockage.

Au cœur des préoccupations des sceptiques, la crainte que les systèmes de tiering allouent un espace SSD à des données de moindre importance et enfouissent des données primordiales par erreur. En clair, la décision se doit d’être un minimum humanisée. «Je pense qu’il est trop tôt pour dire si la gestion entièrement automatisée l’emportera ou pas» explique Jeff Boles, directeur des services de validation chez Taneja Group. «Les administrateurs de stockage ont une prédisposition naturelle à la gestion manuelle. Ils aimeraient plus de contrôle. Dès lors, les vendeurs peuvent-ils gagner la confiance des administrateurs de stockage les plus sceptiques vis-à-vis des solutions entièrement automatisée ?». Quoiqu’il en soit, «c’est une technologie qui va devenir une partie intégrante des systèmes de stockage à l’avenir» conclut-il.