Chère lectrice, cher lecteur d’IT for Business,
Donner davantage d’autonomie aux métiers, aux développeurs et désormais aux agents IA… sans perdre la maîtrise du système d’information. Voilà une équation qui devrait occuper les DSI en cette rentrée 2026. D’autant qu’une autre contrainte s’invite dans tous les arbitrages : financer la transformation quand les dépenses de fonctionnement, de cybersécurité et d’intelligence artificielle se disputent des budgets toujours plus serrés. Ce numéro 2319 d’IT for Business, le magazine, explore les différentes facettes de ce défi. Car derrière les promesses d’automatisation et de productivité, les mêmes questions reviennent : qui décide, qui contrôle, qui paie ? Et surtout, quelle valeur l’entreprise retire-t-elle réellement de ses investissements numériques ? À la Une, Paul Cohen-Scali, DSI de la Sacem, donne une traduction très concrète de ces enjeux. Depuis 175 ans, la société collecte et exploite des données pour rémunérer les créateurs. Mais le streaming, et désormais l’IA, sont venus bouleverser les volumes, les outils et jusqu’à la notion d’œuvre. Modernisation de la data factory, transformation de la DSI, développement assisté par IA, maîtrise des coûts : cet entretien montre comment réinventer les moyens sans perdre de vue la mission. Avec une tension particulière pour la Sacem, qui adopte l’IA tout en défendant les droits des auteurs dont les œuvres alimentent ces technologies. Notre dossier central se penche sur l’étape suivante : l’entreprise agentique. Après les assistants qui répondent, voici les agents qui agissent... seuls... en toute autonomie. Une évolution qui pourrait déplacer le centre de gravité du logiciel d’entreprise, des interfaces applicatives vers l’orchestration des intentions et des processus. Éditeurs d’ERP, de CRM et hyperscalers se disputent déjà cette position stratégique. Mais les connexions progressent plus vite que les garde-fous. Gouvernance fragmentée, droits d’accès, traçabilité, coûts et dépendances : le dossier confronte les ambitions des fournisseurs aux conditions d’adoption des DSI. Cette transformation devra aussi trouver son financement. Notre enquête, appuyée sur l’étude exclusive d’Abraxio, décrypte les arbitrages des budgets IT 2027. Seuls 30 % des DSI interrogés anticipent une hausse de leur enveloppe, tandis que 43 % tablent sur sa reconduction. Dans les faits, préparer son budget devient un exercice de gouvernance : expliquer les dépenses, défendre les priorités et rendre visibles les conséquences des renoncements. Et bien évidemment, comme dans chaque numéro, les retours d’expérience apportent des réponses de terrain. La DTNUM du ministère de l’Intérieur refond son SI budgétaire en trois mois grâce au low code. Feu Vert libère son marketing des requêtes SQL avec une plateforme de données clients. Stockly accélère ses développements avec l’IA et le no code, tandis que l’URSSAF modernise la gestion de son parc pour améliorer sa sécurité. Quatre démarches différentes, une même recherche d’efficacité opérationnelle. Ce numéro examine également la nouvelle posture des managers face à l’IA et le retour des États dans la compétition technologique. Côté startups, Contractzlab automatise la conformité, Eyako veut décloisonner le pilotage cyber et Yneuro explore l’authentification par signature neuronale. Jusqu’à la rubrique R&D, où l’ADN ouvre une piste pour sécuriser les échanges. Une rentrée pour reprendre l’initiative, donc. À mesure que les outils gagnent en autonomie, la capacité des DSI à fixer le cap et les règles du jeu devient plus déterminante que jamais. Bonne lecture et bonne rentrée 2026 ! François Jeanne
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