Observatoire de la présidentielle Cyber 2027 : un radar, une brochure et un droit de suite pour que le numérique cesse d'être le grand absent des campagnes présidentielles

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Présidentielle 2027 : Hexatrust et InCyber lancent un observatoire pour ramener le numérique dans la campagne

Par Laurent Delattre, publié le 11 septembre 2026

Sur le plateau d’IT for Business installé au cœur des UECC 2026 d’Hexatrust, Séverine Denys (Hexatrust) et Guillaume Tissier (président d’InCyber Europe) ont présenté l’Observatoire de la présidentielle. Un livre blanc pour les équipes de campagne, un radar sur les programmes et, surtout, un droit de suite sur les promesses.

Le principe tient en deux mouvements. « Il s’agit d’un dispositif qu’on lance avec Hexatrust qui a pour objectif, dans un sens descendant, de communiquer vis-à-vis des équipes de campagne, vis-à-vis des candidats sur nos sujets pour les sensibiliser aux enjeux, et puis ensuite de pouvoir analyser grâce à un radar les propositions, les programmes sous l’angle des sujets de sécurité et de confiance numérique », résume Guillaume Tissier.

Pour Séverine Denys, l’enjeu dépasse largement la filière. « Le numérique est au cœur de la vie des citoyens et pourtant est souvent absent des campagnes présidentielles. Or ici nous avons un programme qui nous emmène jusqu’en 2032. »

Sortir la cyber de son « carcan technique »

Les thématiques retenues doivent parler au-delà du cercle des experts. « L’objectif de cet observatoire, c’est aussi de sortir la cybersécurité de son carcan opérationnel, technique, qui est évidemment tout à fait naturel, légitime, mais qui ne suffit pas à parler à tout le monde », explique le président d’InCyber Europe.

Au menu : la lutte contre la cybercriminalité et des politiques publiques qui doivent « protéger le citoyen, protéger les organisations, protéger la nation », la défense cyber et le renseignement, la dimension cognitive de l’espace numérique, « une couche dans laquelle il y a énormément d’attaques, en particulier au moment des élections », et l’intelligence artificielle, « nouvelle surface d’attaque porteuse de nouveaux risques ».

Reste la souveraineté, traitée à part. « Je ne confonds pas les deux, c’est deux sujets différents mais c’est un continuum », précise Guillaume Tissier. Sur ce volet, place aux « enjeux de politique industrielle ».

Livre blanc, radar, podcasts… et un grand oral

Le dispositif s’appuie sur plusieurs canaux. Une publication d’abord, « une sorte de livre blanc, de brochure assez concentrée, suffisamment pour être certain qu’elle soit bien lue, au bon endroit », destinée aux équipes de campagne.

Le radar, lui, sera hébergé sur le site d’InCyber News, qui relaiera « tout au long de la campagne » podcasts et webinaires.

« Et puis, acte final, lors du prochain forum InCyber avec Hexatrust, nous accueillerons des candidats », annonce Guillaume Tissier, avant de glisser, lucide : « La scène ne sera peut-être pas assez grande pour recevoir tous les candidats. »

« Le politique est assez friand d’annonces »

Le vrai travail commence après le scrutin. « Le sujet, c’est pas tellement les annonces, je crois que le politique est assez friand d’annonces, c’est de suivre ce qui se passe et aussi d’assurer la traçabilité des budgets qui sont annoncés », insiste le président d’InCyber Europe.

Et de pointer une pratique bien rodée : « Il y a souvent une habitude chez les politiques de mélanger, de redéployer des budgets déjà attribués, de globaliser des types de crédits différents, qui fait qu’on a du mal un peu à suivre l’efficacité de l’action publique. »

« On dit des fuites, mais non, ce sont des vols »

Interrogés par Thomas Pagbé sur la difficulté des politiques à se projeter au-delà de la réaction aux attaques (France Titres, Éducation nationale, Intérieur, DGFIP, etc.), les deux invités choisissent l’optimisme. « Plutôt que de dire pourquoi ils n’y arrivent pas, on va dire pourquoi ils vont y arriver grâce à l’observatoire », sourit Séverine Denys.

L’outil doit permettre de « transposer quelque chose qui est extrêmement technique et qui jusqu’à maintenant était du domaine de l’expertise pour revenir dans le quotidien de la société ».

Avec une promesse : « retrouver une manière de parler du numérique qui soit plus proche de la réalité, de l’expérience, pour ne pas le subir mais le construire ensemble ».

Guillaume Tissier, lui, déplace le débat sur le terrain de la responsabilité. « Ce qui s’est passé cet été avec ces… on dit des fuites, mais non, ce sont des vols. […] On confond différents niveaux de responsabilité. » Au sommet, la responsabilité politique. Puis celle « des grands patrons qui font les arbitrages ». Trop souvent, ces derniers « ont tendance à renvoyer ces thématiques vers des fonctions plus techniques, plus opérationnelles, alors que c’est un enjeu de gouvernance tout simplement ».

Et de conclure comme un rappel à l’ordre : « Aujourd’hui, sur le domaine financier notamment, on a bien compris ça. Il n’y a pas de raison que sur des enjeux numériques et des enjeux de cybersécurité, on ne fasse pas pareil. »

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