Gouvernance
L’IT comme une aventure
Par La rédaction, publié le 28 juin 2018
De l’administration à l’ETI en passant par le service, Yann Danou a œuvré avec un goût indéfectible pour l’humain comme pour la technique. Avec une autre constante : relever tous les défis.
Double formation, secteurs public et privé, Bretagne et Caracas, création d’une société de services… Yann Danou a marié toutes ces composantes dans une carrière de directeur informatique atypique. « J’aime autant la composante informatique, les relations humaines, les métiers, que l’international », justifie notre homme. Tout commence en Bretagne avec une école de commerce, option international, et une école télécoms, option informatique. À l’époque, le service militaire est obligatoire. Il opte pour la coopération en Amérique centrale au sein d’une agence chargée de soutenir développement à l’international des entreprises françaises. Il y prend en charge l’informatique des sites régionaux de l’agence, « comme une sorte de chef de projet technico-fonctionnel », se souvient-il. À l’issue de son service, la direction lui propose de devenir responsable informatique régional au Brésil. C’est l’époque où la messagerie remplace le télex et l’envoi postal et où, plus globalement, les activités se numérisent. « L’accès à l’information en ligne émergeait », rappelle Yann Danou. Autonome, opérationnel, liens directs avec ses utilisateurs, toutes les conditions sont réunies pour passionner ce breton qui, outre la responsabilité de l’informatique interne, joue le rôle de chef de projet pour les sites web destinés aux entreprises extérieures. « La direction groupe donnait des consignes générales. À partir de là, il fallait se débrouiller sur le terrain », insiste Yann Danou. Et ce, sur tous les plans. Son agence organise notamment des salons et événements professionnels. « Dans des régions comme le Moyen- Orient et le continent indien, où l’électricité ne fonctionnait pas 24h/24 et où les autorités locales interdisaient la mise en place de certains pare-feu, il fallait trouver des solutions pour monter les opérations d’accompagnement aux entreprises », illustre-t-il. L’aventure dure une dizaine d’années. En 2005, « pour des raisons personnelles », il rentre en France et s’installe à Vannes. Il y crée une entreprise de services informatiques pour les particuliers et les entreprises, « qui comptera trois ans plus tard une dizaine de salariés », détaille-t-il. En 2008, l’État décide d’une fusion entre la plupart des organismes et services chargés d’aider les entreprises françaises à développer leur présence à l’international. Ainsi naît Ubifrance, qui deviendra plus tard Business France. Ses anciens directeurs lui proposent la casquette de DSI au sein de cette nouvelle organisation. Il accepte et cède sa société. « Je connaissais bien ces organismes et le challenge était complexe et stimulant. Il s’agissait, en deux ans, d’intégrer techniquement comme au niveau des équipes 80 sites localisés dans 60 pays ! », se souvient-il. Techniquement, le nouveau DSI met en place un datacenter en mode cloud privé et des outils fédérateurs : SIRH, ERP… Il imagine aussi, teste et déploie une solution de visioconférence. « Un plus pour mettre en contact des gens qui ne se connaissaient pas, pour faciliter le travail en équipe », détaille-t-il. Toujours proche des métiers, il leur suggère de déployer la solution pour les entreprises clientes. Parallèlement, il organise une équipe informatique très internationale. « Il fallait assurer un helpdesk 24/7. Et tout d’abord créer une équipe… » : un défi autant technique, sur le plan de l’outillage, qu’humain. Quelques années après, il bascule le SI d’une logique de coûts à un mode centre de services. « J’ai mis en place un catalogue de services pour d’autres entités publiques », explique le DSI. En 2014, dernière mutation en date, il passe chez l’assureur Assu 2000, un courtier qui travaille avec les grands assureurs du marché. « Malgré les apparences, c’est un challenge qui ressemble à ceux que j’ai déjà connus, assure notre homme. L’assurance est touchée dans son cœur de métier par la transformation digitale, sans oublier le maintien de l’existant, souvent sur du mainframe ». Le DSI prend aussi la casquette de DPO (Data protection officer) : « la data est au centre de notre métier », insiste-t-il. Et, toujours proche des clients internes, il accompagne cette transformation : « l’IT doit en permanence anticiper et offrir de l’agilité », assume notre homme. Un tel engagement laisse peu de temps. « Je suis un adepte de rugby et je fais du tir à l’occasion », décrit quand même Yann Danou.
PATRICK BRÉBION
