« Les données doivent être contrôlées à la source par les citoyens »

Ils font tous les deux le buzz. Ils ont tous les deux la même sonorité. On est donc tenté de les associer. Et, pourtant, ce rapprochement entre big data et open data est plus que tiré par les cheveux. Il se fonde sur une idée communément acquise, et régulièrement reprise à la va-vite dans les conférences, selon laquelle l’ouverture des données (open data) génère de gros volumes d’informations (big data) à analyser, à croiser et à modéliser. Un raisonnement qui n’a rien d’évident, au niveau tout d’abord du périmètre d’intervention. Les entreprises sont ainsi de plus en plus associées au phénomène de l’open data.

Au nom de l’open innovation, celles-ci seront incitées à ouvrir leurs données aux clients et partenaires. Sauf exception, cette volonté de collaboration et de transparence reste à prouver. A ce jour, et sûrement pour longtemps, l’open data reste le seul fait des administrations, d’ores et déjà engagées dans la libération des données publiques. Les jeux d’information relâchés sont cependant peu volumineux, car, pour la plupart, circonscrits à une collectivité ou une région. Ils font l’objet de simples consultations ou d’applications locales.

Mis à part les rares sociétés spécialisées dans le référencement, la réconciliation et la corrélation de données publiques, l’open data n’appelle aucun traitement relevant du big data. En revanche, l’inverse peut être vrai. Avec la géolocalisation ou les réseaux sociaux, le spectre des données explose. Et les entreprises cherchent à capturer un maximum d’informations. Seulement, comme l’a expliqué le président du GS1 lors de son université d’été, pour que ces données restent de qualité, et ne fassent pas l’objet d’une contestation, elles doivent être contrôlées à la source, directement par les citoyens.

Serait-ce donc le big data qui induit l’open data, et non le contraire ? Dans l’affirmative, cela exigerait un devoir de transparence des entreprises dans leur collecte et leur analyse des profils de consommateurs. Une réalité bien moins vendeuse…