Entretien avec Stanislas de Bentzmann, le coprésident du directoire de Devoteam qui remet en perspective les grandes tendances du marché du service et ses impacts sur l’emploi.

Dans le sillage des bons résultats enregistrés par les ténors du service, Devoteam a vu son chiffre d’affaires bondir de 15 % au premier trimestre. Une hausse sensible à mettre au compte de l’acquisition de la société polonaise Wola Info, intervenue il y a tout juste un an. La croissance organique (6,2 %) reste néanmoins soutenue et Devoteam confirme son objectif annuel d’un chiffre d’affaires de 530 millions d’euros (+ 7 %).

Dans ce contexte de reprise, Devoteam renoue avec une politique de recrutement soutenue. La société de services prévoie d’embaucher 1 600 personnes en 2011 et son effectif a progressé de 70 collaborateurs au cours des trois premiers mois de l’année. La marge reste, elle, quasi stable à 5,2 %, contre 5,3 % au premier trimestre 2010.

 

01net : A quand datez-vous la reprise ?

Stanislas de Bentzmann : La profession a observé un vrai changement de tendance au quatrième trimestre 2010, puis une accélération de la reprise début 2011. Chez nos clients, on note une ambition de repenser leur infrastructure, de l’automatiser et de l’industrialiser. Il s’agit de déployer les outils qui leur permettront d’évoluer vers le cloud. Cloud privé dans un premier temps, cloud public éventuellement par la suite.
Les projets liés au multicanal, aux réseaux sociaux et à la mobilité se multiplient également. Et, bien sûr, la sécurité des systèmes d’information reste une préoccupation constante.

 

Quels sont les secteurs d’activité les plus dynamiques ?

La finance est sortie plus vite et plus forte de la crise. Les télécoms connaissent une évolution en dents de scie mais la tendance reste néanmoins positive chez les opérateurs. L’industrie repart mollement. Le secteur public semble, lui, durablement pénalisé par la volonté de désendettement des Etats européens. Notamment en Scandinavie et surtout au Royaume-Uni, engagé dans de très violentes réductions budgétaires.

Avec la reprise, peut-on parler de tensions sur l’emploi ?

Oui, des tensions fortes ressurgissent sur les profils les plus demandés dans la sécurité ou la mobilité. Le turnover repart aussi. Notre marge se trouvant affectée par la hausse de salaires, nous devons être en mesure de la répercuter. C’est le principal challenge de la profession : faire repartir à la hausse nos tarifs.

Est-ce que vous envisagez une acquisition dans les mois à venir ?

Nos sommes actuellement engagés dans une logique d’accompagnement de la croissance organique. Il s’agit aussi de bien digérer notre acquisition de Wola Info en Pologne et de capitaliser sur la réorganisation en Allemagne. Nous regarderons plutôt les opportunités sur le second semestre, en privilégiant les dossiers à l’international et notamment en Asie et en Amérique du Sud.