Certaines activités confiées à Big Blue partent en Pologne et en Tchéquie. De son côté, Sopra délocalise en Espagne.

Le groupe américain IBM, qui vient de remporter le contrat de surveillance du fonctionnement des logiciels de la SNCF, a entrepris de délocaliser vers l’Europe de l’Est cette activité jusqu’ici réalisée en France, selon Le Parisien.

Ce contrat était assuré jusqu’ici par la société française de services informatique Steria, dont les salariés étaient détachés dans les locaux de la SNCF et travaillaient aux côtés des cheminots informaticiens. Le pilotage de l’informatique du service des ressources humaines sera pour sa part transféré à une filiale espagnole du groupe français Sopra. « 260 emplois de sous-traitants vont être supprimés et 45 postes de cheminots non remplacés. D’ici à 2013, ce sont 500 emplois en tout qui vont disparaître », déplore Hervé Giudici, secrétaire général de l’Union fédérale des cadres et agents de maîtrise de la CGT Cheminots, cité dans le journal de jeudi. Les syndicats pointent également sur la dégradation de la qualité de travail. « Les techniciens polonais ne parlent pas très bien français. Résultat, ils ont du mal à communiquer avec les cheminots français », explique Pascal Modeste, de SUD-Rail, dans Le Parisien.

IBM revient en force

Interrogée par le quotidien, la direction de la SNCF a confirmé que certains de ses sous-traitants informatiques employaient du personnel à l’étranger, chiffrant son nombre à 260 personnes, au Maroc et dans d’autres pays de l’Union européenne. « En même temps, nous avons augmenté de 70 le nombre de nos informaticiens en France », a-t-elle ajouté.

Cette délocalisation représente un retour en force d’IBM dans l’informatique de la SNCF, après leur divorce fracassant dans le projet Ulysse.  En 2010, IBM et la SNCF avaient mis en place une société commune baptisée Noviaserv, mais assez rapidement le projet bat de l’aile, pour des raisons contractuelles mais aussi sociales. Le projet Ulysse a suscité, dès le début, une levée de boucliers chez informaticiens de la SNCF. En 2011, le transporteur français a repris 100 % du contrôle de la filiale commune. Mais cela n’a visiblement pas empêché la firme américaine de signer de nouveaux contrats de prestation.  « IBM est parti par la grande porte et est en train de revenir par la fenêtre », souligne Pascal Modeste.