Après avoir terrassé les candidats du Jeopardy!, puis fait ses débuts en tant que diagnosticien, IBM Watson devient commercial. Banquiers, assureurs et opérateurs télécoms vont exploiter son intelligence artificielle pour vous vendre leurs services.

L’expérimentation vient de démarrer dans huit entreprises. L’intelligence artificielle du Watson d’IBM, bien connue pour s’être fait les dents sur Gary Kasparov (vaincu en 1997 par Deep Blue, l’ancêtre de Watson) et avoir battu à plates coutures les meilleurs joueurs de Jeopardy! au monde, va désormais vendre des produits d’assurance ou des services bancaires.

Quand vous allez décrocher votre téléphone ou chercher une information sur votre mobile, c’est peut être bien ce super-ordinateur que vous allez avoir au bout du fil. Et, contrairement au discours complètement scripté des opérateurs de centre d’appel, il risque bien de trouver les arguments qui vont faire mouche pour vous vendre ses assurances ou forfaits mobiles !

Patrice Poiraud, Directeur Big Data chez IBM France souligne l’intérêt de cette technologie unique au service des entreprises : « Il ne s’agit pas de faire de l’analytique ou du prédictif tel qu’on en fait actuellement, c’est bien plus que ça. Watson est réellement capable de comprendre la question d’un client et va pouvoir lui donner une réponse circonstanciée. Le client va réellement pouvoir interagir avec lui que ce soit sur le Web, mobile ou le centre d’appel.» 

Watson, un ordinateur (presque) comme un autre…

Tout comme il l’a fait pour l’opération Jeopardi!, IBM Watson va indexer ou plutôt comprendre toute les données structurée relatives aux comptes clients mais aussi toutes les données non structures relatives aux produits qu’il va proposer au client. L’entreprise va ensuite définir les rêgles métiers, apprendre à Watson ce dont elle attend de lui, puis Watson va être mis au contact des clients, que se soit via le site web, application mobile ou via le centre d’appel où il va guider les opérateurs.

Patrice Poiraud estime à six semaines cette phase d’injection des données nécessaire afin de transformer l’intelligence artificielle Watson en parfait vendeur. Ce spécialiste du Big Data précise qu’IBM Watson s’appuie sur des technologies relativement classiques et n’a rien d’une usine à gaz impossible à exploiter dans le cadre d’une entreprise : « Watson va être proposé en mode cloud mais pourra aussi être déployé dans les salles informatique de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’une infrastructure informatique exotique : Watson fonctionne sur des serveurs P Series 750 bien connus et côté logiciel il s’appuie sur Linux et des solutions telles que Big Insight, notre distribution Hadoop, le moteur de recherche IBM Content Analytics, nos solutions de Datawarehouse, d’ETL, les algorithmes prédictifs SPSS, etc. » 

Les banques françaises emboîteront-elles le pas de la Royal Bank of Canada ?