Passionné par la technique, mais peut-être encore plus, curieux de tout, Vincent Lauriat a commencé par maîtriser toutes les facettes de l’informatique avant d’enchaîner les transformations de systèmes d’information.

« Mes parents auraient préféré me voir suivre des études de pharmacie », se rappelle Vincent Lauriat. Si le mot geek n’existe pas à l’époque, l’homme fait sans conteste parti de la première vague de passionnés par la micro-informatique, une passion déclenchée par l’achat familial d’un Apple II. « Il fallait développer ses propres jeux », souligne-t-il. Peu de temps après, interne au lycée, il aide les surveillants lancés dans des cursus informatiques à faire leurs contrôles. Il intégrera donc une école d’ingénieur informatique qui se termine par un stage à Seattle chez Microsoft. « L’occasion de découvrir le vrai visage de l’informatique », insiste-il, et d’intégrer l’éditeur, une société encore modeste à ce moment-là. « À l’époque, nous passions un peu pour des farfelus. La plupart des gens utilisaient Lotus 123 », s’amuse notre interlocuteur.

Deux années plus tard, il doit rentrer en France pour effectuer son service militaire. Il trouve le moyen d’y échapper et réintègre Microsoft, dans la filiale française cette fois, et sur un poste d’avant-vente. « Nous allions voir des DSI pour leur proposer des solutions de messagerie et de bureautique. Les réactions d’alors – “n’importe qui va pouvoir envoyer un e-mail au DG ?” – témoignent de la perception de ces outils… ». Quelques années après, il est volontaire pour repartir quelques temps aux États-Unis. Il s’agit de tester et développer sur Windows 3.51.

C’est l’occasion pour lui de découvrir Internet et son potentiel. De retour en France, la direction lui propose de prendre en charge les sites internet de Microsoft France. « Ceux-ci ont rapidement compté pas loin d’un million d’utilisateurs. J’ai alors découvert le marketing, la communication, la mise en place de sites de e-commerce, et ce qui commençait à ressembler à un CRM », se souvient-il. Même s’il intervient encore au niveau technique, sur SQL Server, le constat s’impose : « Je m’éloignais un peu de mon métier de base d’ingénieur ».  Il entérine cette évolution par une formation à l’Essec et passe côté utilisateur, d’abord chez BETC-Havas, puis chez CBS Outdoor. « Même si je n’avais jamais tenu ce type de fonction, le passage s’est fait naturellement », souligne Vincent Lauriat, qui applique entre autres ce qu’il appris chez l’éditeur américain, à savoir l’identification de la valeur créée avant tout investissement technique, et un mode agile dans le développement. « Chez CBS Outdoor, l’apport des applications de relation client devait se concrétiser par une division par deux du nombre de rendez-vous nécessaires avant la commande », illustre-t’il.

Deux années plus tard, l’opportunité se présente de prendre le poste de DSI chez Brink’s, un challenge motivant. Plusieurs de ses prédécesseurs y sont passés et ont jeté l’éponge. « Après une année à réorganiser la DSI, l’infogéreur avait pris un peu trop d’indépendance, j’ai impulsé une nouvelle logique. Le paiement au service remplaçait le paiement à l’acte », résume notre interlocuteur. Concrètement, au lieu de faire payer les clients pour un ramassage de la recette à une fréquence donnée, les nouveaux services ont par exemple consisté à installer des coffres connectés chez les clients communiquant avec le back-office. « La DSI s’est positionnée en offreur de services aux métiers. La donne a changé. Au lieu de commercialiser des passages, des coups de frein dans le langage métier, et de chercher à toujours plus réduire les coûts, les commerciaux vendent un service de confiance, par exemple, 1 000 € sécurisés et crédités avant même le ramassage », explique Vincent Lauriat. Une transformation qui a bien sûr impliqué de faire évoluer le SI de l’entreprise en profondeur.

Le challenge réussi, et même s’il aime se détendre par la pratique du jogging et sa passion pour les voitures de collection – il possède entre autres une Austin Healey -, notre homme reste à l’affût de nouveaux défis. En 2017, le groupe Saur lui donne l’occasion d’étancher sa soif. « L’activité de ce groupe ouvre un champ des possibles illimité, s’enflamme le DSI. L’application de l’intelligence artificielle sur les données issues des 40 000 sites de l’entreprise (châteaux d’eau, centres d’épuration…) permettra de limiter la pénibilité des tâches ou encore de proposer des nouveaux services à nos clients ». 

La Mini BIO de Vincent Lauriat :

Depuis 2017 : DSI, Saur
2011-2017 : DSI, Brink’s France
2009-2011 : DSI, Exterion Media (ex CBS Outdoor)
2007-2009 : DSI, BETC-Havas-Bolloré
1990-2006 : Microsoft

Formation
2014-2015: EMB, HEC Paris
2006-2007: Essec
1989-1992: Ingénieur, Epita