Le cabinet de conseil AP Management a recensé 74 rachats de SSII l’année dernière dans l’Hexagone. Le volume de chiffre d’affaires qui a changé de propriétaire a quasiment doublé par rapport à 2010

A l’image de Capgemini qui a racheté Prosodie, les prédateurs n’ont pas hésité à mettre la main au portefeuille l’année dernière. Avec 74 cessions, le nombre d’opérations est en progression de 7 % par rapport à 2010, selon le cabinet AP Management qui édite un baromètre annuel des fusions-acquisitions dans le domaine des SSII et des éditeurs de logiciels. Mais c’est surtout le volume de chiffre d’affaires ayant changé de main qui impressionne : 1 154 millions d’euros de chiffre d’affaires a ainsi changé de propriétaire sur le segment des SSII, soit quasiment le double du volume constaté en 2010 (638 millions). Un niveau presque similaire à celui de 2007, année record (1 224 millions d’euros à l’époque). « Les opérations n’ont pas été exceptionnelles, mais nombre d’entre elles se situent dans la fourchette haute. Un tiers d’entre elles concerne une cible dépassant 75 millions d ‘euros. On n’avait pas vu de tels deals depuis trois ans », relève Pierre-Yves Dargaud président d’AP Management. C’est la principale différence avec les années 2009 et 2010, qui avaient été marquées par une activité honorable mais une absence criante d’opérations significatives. Excepté le rachat d’Amesys par Bull en 2009, le gibier était bien maigre depuis quelques années. L’année dernière, en plus de Capgemini-Prosodie, Manpower a mis la main sur Proservia. Beaucoup de ces grosses opérations ont eu lieu dans le domaine du conseil en innovation : Akka Technologies a acquis Aeroconseil, Ausy-Aptus et Assystem-MPH.

Une corrélation entre conjoncture économique et activité des acheteurs

Mais le président d’AP Management note la corrélation entre contexte macroéconomique et activité des rachats. Les industriels ont ainsi beaucoup acheté au premier semestre dans l’euphorie de la reprise, moins après l’été lorsque les mauvaises nouvelles se sont accumulées. « Les acheteurs potentiels ont temporisé en attendant de voir comment ils allaient terminer l’année 2011, relève-t-il. Si les inquiétudes macroéconomiques n’ont pas totalement disparu, le démarrage en 2012 est excellent en raison d’une ambiance générale bien meilleure. » Difficile, néanmoins, d’affirmer que l’année 2012 sera meilleure que 2011 tant l’incertitude économique est palpable.

Quant aux rachats entre gros acteurs qui pourraient permettre d’évoquer une consolidation du secteur, ils se font attendre. Depuis 2005 et le rachat de Unilog par Logica, aucune acquisition  de grande envergure ne s’est produite dans l’Hexagone. Les prédateurs étrangers régulièrement évoqués, indiens ou américains, brillent par leur absence. Manpower est le seul à avoir opéré une  prise dans le secteur l’année dernière. Le volume de capital changeant de nationalité est même en baisse constante depuis 2007 note AP Management. Les mouvements sur le marché des services restent avant tout locaux.