En 2012, les deux premiers bâtiments du campus Teratec ont ouvert leurs portes à Bruyeres-le-Châtel, face au très grand centre de calcul du CEA. Objectif : constituer un écosystème autour du calcul à haute performance en France.

C’était, dans les années 50 et 60, la zone la plus secrète de France. C’est en effet à Bruyères-le-Châtel que les premières bombes atomiques, puis les bombes thermonucléaires françaises, ont été conçues. La zone, entourée de forêts, était strictement interdite, et on ne pouvait l’évoquer le site que sous son nom de code, le B3.

Si le centre de recherches militaires du Commissariat à l’énergie automatique (CEA) reste toujours aussi impénétrable derrière ses barbelés, à proximité, l’heure est à l’ouverture. Le CEA y a installé le TGCC (Très Grand Centre de calcul) en 2010, centre de calcul qui héberge les supercalculateurs du CCRT (Centre de calcul, recherche et technologie) pour les applications civiles du CEA et les grands industriels français, ainsi que Curie, le supercalculateur le plus puissant de France, financé par le Genci (Grand équipement national  de calcul intensif). Face au centre de calcul, une nouvelle structure a ouvert ses portes en 2012, le campus Ter@tec.

2 des 3 batiments du campus Ter@tec sont opérationnels à ce jour

Lorsqu’en 1996, Jacques Chirac annonce la fin des essais nucléaires français dans le Pacifique, le CEA va investir lourdement dans les supercalculateurs pour pouvoir simuler numériquement les tirs. Un effort qui culmine en 2010, avec la mise sous tension, à Bruyères-le-Châtel, du Tera 100, le premier supercalculateur européen à dépasser une puissance de 1 pétaflop.

La France s’est dotée de compétences reconnues au niveau mondial en termes de calcul intensif, compétences qu’il s’agit de transformer en atout en termes d’innovation et de compétitivité. « Ter@tec, c’est une initiative industrielle, rappelle Hervé Moure (photo), directeur du centre. On a été fondé pour des sujets industriels à traiter. Au départ, il s’agissait de très grands industriels de l’énergie et de l’ingénierie, en l’occurrence EADS, Dassault, EDF, Total qui était en relation avec le CEA et qui ont réalisé que ces technologiques étaient critiques pour eux tous. »

C’était le point de départ de l’initiative Teratec. L’association Ter@tec affichait 86 membres au 31 décembre 2012. Les 13 grands utilisateurs ont été rejoints par les offreurs de solutions, par les centres d’enseignement et de recherche et enfin les collectivités locales.

Hervé Mouren, directeur de Ter@tec : « on veut accueillir ici des acteurs de toute la chaine de valeur du HPC : composants, systèmes, logiciels de base, logiciels de simulation et services »