Infosys, la SSII aux 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires et aux 155 000 employés, a fait depuis deux ans de l’Afrique l’une de ses cibles prioritaires.

La télévision indienne diffusait récemment les images surprenantes d’enfants d’un village africain chantant en langue tamoule. Le fait est relativement récent : l’Inde s’ouvre sur le monde. Et l’Afrique l’intéresse au tout premier chef pour ses abondantes ressources, mais aussi parce qu’elle constitue désormais un client important pour ses entreprises technologiques. Bharti Airtel, un opérateur de téléphonie mobile, est ainsi devenu le deuxième d’Afrique.

Infosys, la SSII aux 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires et aux 155 000 employés, a fait depuis deux ans de l’Afrique l’une de ses cibles prioritaires, notamment parce qu’elle a développé un logiciel (Finacle) capable de gérer un système bancaire islamique. Le cabinet KPMG estime que le marché de la technologie africain représentera 41 milliards de dollars en 2016 (+46 % en six ans). C’est sans doute pourquoi le gouvernement indien a organisé un sommet en 2012 avec de nombreux leaders africains, qui a débouché sur quelque 185 millions de dollars d’investissement en formations scientifiques et technologiques. Pas de doute, la mondialisation du secteur IT indien est en marche.

L’entreprise a récemment été rachetée par le Français Ingenico, un des principaux opérateurs de services de paiement en Europe, qui veut profiter du boom de l’e-commerce indien. “ Laurent ”, comme l’appelle The Economic Times, a invité le gouvernement indien, mais aussi toute la filière, à travailler en harmonie pour asseoir la crédibilité de ce secteur naissant. Son potentiel est énorme : le nombre de visiteurs en ligne augmente de 50 % par an, mieux qu’en Chine ou au Brésil. La France a des idées et un savoir-faire à exporter. Et nous pourrions bien aider l’Inde à transformer tous ses internautes en acheteurs…

Do you speak Hindi ?

Faudra-t-il se mettre aux idiomes orientaux, sachant que, dans ce pays, la langue constitue une barrière ? Les billets de banque sont ainsi rédigés en 15 langages, plus l’anglais. Mais certaines personnes parlent également allemand, espagnol, ou encore français… Amazon a, par exemple, réussi à dénicher à Chennai des employés maîtrisant la langue de Molière, grâce à la proximité de notre ancien comptoir de Pondichéry…

Bien entendu, sur la Toile, le langage dominant reste l’anglais, avec lequel on peut s’adresser confortablement à un marché local de plus de 100 millions d’internautes. On apprend néanmoins que Twitter propose maintenant son service d’archives en hindi. Et sur Google Play, une appli pour les smartphones Android offre la possibilité de composer ses courriels et de poster des messages sur les réseaux sociaux avec l’alphabet devanagari. On achète dans sa langue, mais on vend dans celle du client. Et c’est là que les difficultés commencent…

 

 

 

Frédéric Donnette, consultant chez Tkos.net