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Mark Hurd débarqué de la direction d’HP pour harcèlement sexuel

Par La rédaction, publié le 16 août 2010

C’est le scandale de l’été. Le leader mondial du PC débarque brutalement son PDG. Sa succession reste ouverte.

Le 6 août dernier, le conseil d’administration de Hewlett-Packard votait à l’unanimité le départ de son PDG, Mark Hurd, qui fait l’objet d’une plainte pour harcèlement sexuel de la part d’une consultante en marketing. L’enquête interne en cours a révélé que le PDG entretenait effectivement une relation avec la consultante, mais aussi qu’il avait demandé le remboursement de notes de frais indues et de services fictifs de la part de ce « fournisseur ».

Celle par qui le scandale est arrivé, Jodie Fisher, est une actrice de seconde zone. Elle a fait des apparitions dans Easy Rider : The Ride Back, l’improbable suite d’Easy Rider, et dans Star Trek : Starfleet Academy.

Mark Hurd,
l’ex-PDG d’HP

Si, dans le communiqué officiel d’HP, on souligne que Mark Hurd n’a pas enfreint les règles internes relatives au harcèlement sexuel, le PDG a effectivement violé le code éthique mis en place par sa firme : le SBC (Standards of Business Conduct). Mike Holston, directeur juridique de HP, a par ailleurs ajouté sur Computerworld : « Ce n’est pas le montant des dépenses qui a conduit le conseil d’administration à prendre cette décision. C’est une question d’intégrité, de crédibilité et d’honnêteté. »

La surprise de ce départ est totale, car Mark Hurd est considéré comme celui qui avait redoré les comptes du fabricant. C’est sous son « règne », qui aura duré cinq ans, que HP a réalisé les acquisitions de 3Com, de Palm et surtout d’EDS, pour près de 14 milliards de dollars. Il avait surtout permis à HP de reprendre la place symbolique de premier constructeur mondial de PC, un rang que lui avait ravi un temps son rival Dell.

En guise de contre-feu à l’annonce de ce départ, le constructeur s’est empressé de publier ses résultats du troisième trimestre (en hausse de 11 %) pour démontrer à Wall Street sa bonne santé. Revers de la médaille : ces résultats financiers ont été obtenus à coup de plans sociaux successifs et de baisses de salaire qui ont dégradé l’image du PDG auprès de ses salariés.

Ainsi, en France, la réaction des syndicats ne s’est pas fait attendre. Sur son blog, la CFTC estime que Mark Hurd ne sera pas regretté par bon nombre d’employés. Les 180 commentaires laissés en témoignent. « On a même envie de dire “bon débarras”, tout en regrettant que les circonstances de son départ forcé soient aussi ridicules, mystérieuses et tragiques. »

Licencié, mais avec un golden parachute

Pour la CFTC, l’indemnisation de son départ – l’ex-PDG partirait avec un chèque de quelque 40 millions de dollars (indemnités, actions…) –  est incompréhensible, les notes de frais abusives contrevenant avec le code éthique de la maison. « Un employé normal aurait été licencié pour faute grave et poursuivi. » Dès le 7 août, le syndicat saisissait le comité d’entreprise européen et demandait des explications à la direction de HP. Et de s’interroger. « Pour que la décision de le forcer à démissionner soit aussi rapide et brutale, les faits doivent être gravissimes. Au fur et à mesure qu’ils seront révélés ou découverts, on va découvrir l’ampleur de l’absence d’éthique du CEO. »

Pour l’heure, Cathie Lesjak, la directrice financière, assure l’intérim au poste de PDG. Le conseil d’administration a mis en place un comité afin de trouver un successeur à Mark Hurd. Celui-ci est mené par Marc Andreessen, une figure de la Silicon Valley.

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