Après une prometteuse reprise cette année, le marché du conseil informatique va subir un coup d’arrêt en 2012. Il devrait néanmoins se maintenir à 1% de croissance.

Situé en amont des investissements, le marché du conseil livre en général les premiers indices de retournement de tendance. Qu’en sera-t-il pour 2012 ? Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), la reprise amorcée cette année devrait connaître un sérieux coup d’arrêt l’année prochaine.

En 2011, ce secteur affiche une croissance de 4 % par rapport à 2010, grâce à un très bon premier semestre, et atteint la barre des cinq milliards d’euros de chiffre d’affaires. Au sein des différentes catégories, c’est notamment le segment du conseil en stratégie, où gravitent des cabinets spécialisés comme Boston Consulting Group ou McKinsey, qui connaît la plus forte hausse (5,8 %). « Les grandes entreprises pensant sortir de la crise se sont mises à réfléchir aux sujets stratégiques qu’elles avaient mis en attente pendant la crise de 2008-2009 », analyse Vincent Gelineau, directeur du cabinet PAC, en charge de l’étude. Le conseil en organisation, 37 % du marché (le plus gros segment), se situe, lui, aux alentours de 3 à 4 % de croissance.

Banque et industrie, plus économes

En 2012, l’ensemble du marché devrait, en revanche, progresser au mieux de 1 %.  De nombreux grands donneurs d’ordres, essentiellement dans les secteurs de l’industrie et de la banque, prennent en effet, « depuis l’été 2011, des positions défensives quant à la gestion de leurs dépenses », signale le cabinet. La situation est nuancée selon les typologies de prestations de conseil. Le conseil en stratégie, particulièrement touché, sera le seul sous-segment en décroissance. La croissance de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (0,5 %) s’érode également fortement. En revanche, le conseil en infrastructure, porté par les problématiques d’accès au cloud, de sécurité et de virtualisation devrait bien résister (1 %). Même chose du côté du conseil en management et en organisation. La situation n’est donc pas comparable avec celle d’il y a trois ans, lorsque les donneurs avaient procédé à des coupes claires au plus fort de la crise. « Les entreprises doivent se moderniser et ne peuvent plus se permettre de temporiser. Or, le conseil est fondamental pour la transformation vers le numérique », souligne Vincent Gelineau. Du point de vue de la dynamique par secteurs économiques, PAC relève trois segments qui restent porteurs : les utilities et, plus surprenant, le secteur public et la banque-assurance. Le nouveau modèle de l’agence du futur, la distribution multicanal, les nouvelles plates-formes internet restant dans ce dernier secteur des enjeux porteurs en temps de crise.