Oubliant peut­être trop rapidement la vulnérabilité de smartphones et autres tablettes, personne ne semble s’attacher à protéger ces outils contre les intrusions malveillantes.

A l’opposé du monde de la micro­informatique – où il est admis par tous que les données personnelles sont à la merci du premier pirate venu –, l’univers en expansion des smartphones et des tablettes ne paraît pas inquiéter outre mesure les Français. Oubliant peut­être trop rapidement la vulnérabilité de ces équipements, personne ne semble s’attacher à protéger ces outils contre les intrusions malveillantes.

Seuls 19 % des utilisateurs interrogés considèrent que les équipements actuels protègent les informations (vie privée, données personnelles et bancaires…) qui les concernent lorsqu’ils accèdent à Internet. Certains se montrent moins inquiets que d’autres, parce que plus familiers avec la technologie, tels les jeunes ou ceux qui ont l’habitude d’acheter à partir de leurs mobiles.

Mais la majorité exprime une inquiétude grandissante quant à la sécurité informatique de ces matériels. Cette situation est une conséquence évidente de l’explosion des ventes de smartphones et de tablettes, et de la multiplication des usages possibles : réseaux sociaux, consultations de comptes bancaires, achats en ligne… Autant d’actions où circulent une kyrielle de données personnelles sensibles, sans réelles protections. Cette prise de conscience concernant la sécurité est si marquée que cela devient un argument de vente majeur.

Pour 73 % des Français interrogés, les garanties en termes de sécurité des données personnelles présentées par un smartphone ou une tablette constituent dorénavant un critère de choix déterminant ! Il est donc grand temps que les acteurs de ce marché prennent en compte ces préoccupations dans leur marketing… Pas uniquement pour répondre aux inquiétudes des utilisateurs et des pouvoirs publics – qui commencent à s’emparer du sujet –, mais aussi parce que c’est une superbe opportunité business !

Parmi ces industriels, il y a bien sûr les fabricants de terminaux mobiles ; mais aussi, et surtout, les éditeurs d’applis. Comme à l’époque de la micro­informatique, quand les éditeurs de logiciels avaient fait de la sécurité un des créneaux les plus porteurs, cette nouvelle ère préjuge d’une même dynamique. Aujourd’hui, ce sont les jeux et les applications médias qui sont à l’honneur sur les smartphones et tablettes : pourtant, la rentabilité pour les concepteurs n’est pas évidente et le modèle économique derrière ces produits reste encore à prouver.

Bien souvent, une application est davantage un vecteur d’image qu’une réelle source de revenus. La sécurité est sans doute ce qui peut changer la donne : service à valeur ajoutée, indispensable… et donc retour à l’achat payant de logiciels, l’utilisateur étant sûrement prêt à débourser plusieurs euros pour une application capable de protéger efficacement ses informations. La sécurité serait­elle le nouvel eldorado pour les concepteurs d’applications sur smartphones ? En tout cas, c’est un vrai besoin pour les utilisateurs, et une belle opportunité pour les acteurs d’un marché où la concurrence fait rage, dans un secteur où il faut savoir innover en permanence pour gagner !

Bruno Vanryb, président du Collège éditeurs de Syntec numérique

Bruno Vanryb, président du Collège éditeurs de Syntec numérique