De taille modeste en France, la filiale de Deutsche Telekom tente de se réinventer en mettant en avant les thèmes porteurs du moment : offshore, cloud, green IT… Avec, à la clé, 150 recrutements.

Classée 27e dans le dernier classement PAC, avec un chiffre d’affaires en recul de 12 % en 2010, T-Systems perce difficilement en France. L’entité services de Deutsche Telekom, qui s’est notamment constituée en rachetant d’autres SSII captives allemandes – Debis (DaimlerChrysler), Gedas (Volkswagen) – a même dû procéder à un plan social. Il y a tout juste un an, T-Sytems supprimait 324 postes. Soit un cinquième de l’effectif.

De l’histoire ancienne, veut croire Georges Marinov, senior vice-président en charge de la stratégie, du développement et de l’avant-vente. Pour cet ancien de Gartner Consulting France qui a rejoint, à 50 ans, T-Systems il y a deux ans et demi, « ce plan de transformation a permis d’adapter les capacités de la société aux attentes du marché dans un contexte de crise économique ».

Symbole d’un nouveau départ, les équipes franciliennes de la SSII – 500 personnes disséminées sur la Défense et Villepinte – se sont regroupées fin novembre à Saint-Denis (93). Une ville qui attire de plus en plus de sociétés high-tech (SFR, Orange) avec quelque 60 000 m2 de datacenters disponibles dans le 9-3. La SSII est aussi implantée sur la facade Atlantique (Nantes, Niort), Lyon, Grenoble et Toulouse.

Le groupe s’est surtout « réinventé » en adoptant les grands thèmes porteurs du moment. A commencer par l’offshore. La France est désormais intégrée au modèle de production globalisée du groupe qui compte des implantations en Tchéquie, Slovaquie et Autriche et des partenaires en Afrique du Nord et en Inde (Cognizant).

T-Systems entend aussi faire valoir son expertise dans la mobilité et la sécurité et le développement durable. Sur ce dernier point, le site de Saint-Denis servant de vitrine. Dans ce bâtiment certifié RT2005 (réglementation thermique), plus de poubelle personnelle, mais une politique de tri des déchets et d’impression à la demande.

Avec Friedrichshafen, située au bord du lac de Constance, T-Systems dispose d’une ville démonstration (T-City) pour présenter les nouveaux usages qui faciliteront la vie des citoyens dans la cité du futur. « Des garderies interconnectées permettent une meilleure allocation des puéricultrices en fonction du nombre enfants », illustre Georges Marinov.

Enfin, T-Systems joue la carte des partenariats avec NetApp, Microsoft, Cisco, Dassault Systèmes ou SAP dont il est le premier Master VAR en France. La SSII profitera aussi de la création d’une filiale commune entre France Telecom et Deutsche Telekom afin de mutualiser leurs achats.

Sur ces bonnes bases, T-Systems se fixe un plan de recrutement de 150 postes à pourvoir. Sur des profils techniques et commerciaux spécialisés sur les thèmes du green IT ou de l’e-santé. La SSII pourrait aussi procéder à une acquisition ciblée en France, « pays clé dans le projet d’internationalisation du groupe ». A moins que l’arrêt d’un contrat chez EADS (lire encadré) ne remette en cause cette belle dynamique.

T-Systems perd un contrat de help-desk chez EADS

T-Systems a perdu un contrat de help-desk qu’elle gérait depuis huit ans chez EADS au profit de Computacenter. Ce dernier, selon Libération, délocaliserait le service à Barcelone ou « dans un pays de l’Est » ; 180 salariés basés à Toulouse seraient sur la sellette.

Sans confirmer ce chiffre, Isabelle Novel, directrice marketing et communication de T-Systems France, précise que le contrat géré, avec Infoservices en sous-traitance, se poursuit jusqu’à fin décembre.

« Il s’agit d’un contrat parmi d’autres assurés pour les différentes entités du groupe EADS dont Eurocopter et Airbus. Nous essaierons de trouver des solutions en local et dans le groupe pour les salariés concernés. Sachant également que T-Systems se positionne actuellement sur d’autres appels d’offres. » Une rencontre avec les partenaires sociaux est prévue à la rentrée.