L’industriel allemand s’est engagé à fournir 5,5 milliards d’euros de contrats à la SSII sur les sept prochaines années. Il finance également la quasi-totalité des coûts d’intégration du nouvel ensemble.

Au terme de cette opération, dont la clôture est prévue pour juillet 2011, Siemens deviendra actionnaire de la société Atos Origin à hauteur de 15 %. L’industriel allemand s’est engagé à garder ses actions pendants cinq ans. Un siège sera d’ailleurs réservé à un représentant du groupe au conseil d’administration d’Atos Origin.

Surtout, Siemens a garanti à Atos Origin un chiffre d’affaires d’au moins 5,5 milliards d’euros sur les sept prochaines années (de 2011 à 2017), soit 80 % du poids de la sous-traitance en services informatiques du groupe industriel allemand (sur une base annuelle). Atos Origin a ainsi l’exclusivité des contrats d’infogérance d’infrastructure de Siemens.

Le groupe français sera également son partenaire prioritaire en matière d’intégration de systèmes et d’applications. Enfin, les deux entreprises investiront conjointement une somme de 100 millions d’euros, répartie à 50/50, en recherche et développement afin de développer de nouvelles offres dans les trois prochaines années.

Un financement des coûts d’intégration à hauteur de 250 millions d’euros

Afin d’accompagner la création du nouvel ensemble, Siemens s’est engagé à financer la quasi-totalité de ses coûts d’intégration, à hauteur de 250 millions d’euros. Cette somme inclus les frais de restructuration qui vont être consentis par le groupe allemand pour rendre la mariée, Siemens IT Solutions (SIS) plus belle : la SSII allemande va supprimer 1 750 postes dans le monde. Selon une note de CM-CIC Securities, l’intérêt de faire porter les coûts de restructuration sur Siemens est double pour Atos Origin : éviter de nouvelles réorganisations au sein de la SSII française qui pourrait affecter le moral des salariés déjà mis à mal lors du programme TOP (Total Operation Performance) de Thierry Breton lancé en 2009. Autre intérêt : la protection de sa marge.

Pour les salariés de SIS, en revanche, la pilule risque d’être difficile à avaler : ce plan de suppression fait suite à celui annoncé en mars dernier afin d’alléger de 4 200 postes d’ici à l’automne 2011 la masse salariale de la SSII allemande, vraisemblablement dans l’optique de préparer la cession.

Les grosses transactions apportent rarement les synergies attendues

Grâce à ce montage particulièrement favorable à Atos Origin, la SSII française devrait, selon CM-CIC Securities, éviter les écueils des acquisitions d’Origin, la filiale de services informatiques de Philips rachetée en 2000, et de Schlumberger Sema, acquise en 2003. Néanmoins ce genre de megadeal comporte toujours des risques.
Le courtier Chevreux note d’ailleurs que le groupe Atos Origin est encore en restructuration et que les grosses transactions dans les services informatiques n’apportent jamais les synergies et les économies de coûts attendues.
Le principal défi pour Atos Origin résidera d’ailleurs dans sa capacité à relancer les activités particulièrement grippées de la société de services allemande.