La place de marché des informaticiens indépendants iDirect.fr a réalisé un sondage auprès des ses adhérents. Il montre les effets pervers des systèmes de référencement des prestataires.

Depuis quelques années, les services achats des grands comptes ont mis en place des systèmes rigides de référencement des prestataires. Les grandes SSII sont sorties gagnantes de ce dispositif, qui s’appuie notamment sur la capacité à s’engager sur un certain volume de prestations. Cette situation conduit à un système de sous-traitance en cascade plus ou moins opaque. Les gros prestataires, faute de disposer de l’ensemble des compétences nécessaires, sous-traitent en effet à de petites et moyennes SSII qui ont de moins en moins la possibilité d’accéder en direct au client final. Et de faire reconnaître leur savoir-faire.

Dans un sondage réalisé du 11 au 16 octobre 2010 auprès de ses adhérents, la coopérative des informaticiens indépendants iDirect.fr, en partenariat avec l’association professionnelle des informaticiens Munci, quantifie le phénomène du côté des informaticiens indépendants.

Ainsi, il ressort du sondage que seuls 15 % des répondants ont un accès direct au client. Tandis que 84 % d’entre eux passent au minimum par un intermédiaire.

Le sondage met par ailleurs en lumière la fréquence du prêt de main-d’œuvre. En effet, environ 35 % des informaticiens indépendants interrogés déclarent que leur statut de freelance n’est pas connu du donneur d’ordre. Ils sont alors déclarés en tant que salariés de la SSII qui sous-traite.

Enfin, l’étude montre l’impact de cette sous-traitance en cascade sur les marges : le nombre d’intermédiaires se multiplie et ils appliquent des marges souvent abusives. Selon plus d’un tiers des freelances interrogés, la marge réalisée par la société intermédiaire est supérieure à 20 %.

Pour l’heure, cette situation d’ensemble n’est pas près de s’arranger. Suite aux recommandations du rapport Volot, une réforme de la loi sur la sous-traitance, un moment évoquée, ne paraît plus à l’ordre du jour. De son côté, le Munci a pris le taureau par les cornes et élabore, en collaboration avec quelques SSII, une charte de bonnes pratiques.