Avec EU-SCORE, la souveraineté numérique européenne veut enfin passer des discours à la mesure

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EU-SCORE veut devenir le « Nutri-Score » de la tech européenne

Par Laurent Delattre, publié le 11 septembre 2026

À l’occasion des UECC 2026 organisées par Hexatrust, Olivier Rohou, président d’EU-SCORE, et Maxime Alay-Eddine, vice-président d’Hexatrust, sont venus présenter sur le plateau d’IT for Business une initiative qui entend rendre la souveraineté numérique beaucoup plus lisible. Son principe : donner aux acheteurs un indicateur simple pour mesurer ce qu’une solution technologique apporte réellement à l’écosystème européen.

La souveraineté numérique est volontiers invoquée dans les stratégies IT. Mais au moment de choisir une solution cloud, cyber ou logicielle, comment savoir ce qui est véritablement européen, ce qui ne l’est que partiellement et, surtout, quelle part de la valeur créée reste effectivement en Europe ? C’est précisément le problème auquel veut répondre l’EU-SCORE.

Invité sur le plateau d’IT for Business installé au cœur des UECC 2026, Olivier Rohou, président d’EU-SCORE, résume volontairement le concept en une formule : « C’est le Nutri-Score de la tech. »

L’idée consiste à donner aux acheteurs B2B, mais potentiellement aussi aux consommateurs, un indicateur immédiatement compréhensible de l’impact d’un produit ou d’un service sur l’économie de l’Union européenne, avec en arrière-plan des enjeux de dépendance technologique et de sécurité.

Derrière une note simple, des critères beaucoup moins simples

EU-SCORE adopte ainsi une notation allant du triple A à C. Mais cette simplicité d’affichage masque une mécanique autrement plus détaillée.

Parmi les critères examinés figurent la répartition géographique des salariés, l’origine des capitaux, la localisation de la sous-traitance technique, la nationalité et l’implantation du fournisseur cloud ou encore la provenance du code utilisé.
EU-SCORE cherche notamment à déterminer si les composants open source employés dépendent d’entreprises européennes ou extra-européennes.

Autrement dit, il ne s’agit pas simplement de regarder où se situe le siège social d’un éditeur. Le dispositif tente plutôt de cartographier où se trouvent réellement la propriété, les compétences, les infrastructures et la création de valeur.

Un modèle inspiré de Wikipédia

Pour maintenir ces informations à jour, EU-SCORE mise sur une approche communautaire. « On a créé la structure comme Wikipédia », explique Olivier Rohou.

Les entreprises peuvent renseigner ou corriger leurs propres données, tandis que contributeurs et modérateurs externes sont chargés de les vérifier. L’intelligence artificielle entre également dans la boucle : des bots peuvent détecter des incohérences ou rechercher des informations susceptibles d’alerter les modérateurs.

Mais Olivier Rohou insiste sur la place du contrôle humain : « À la fin, ça sera toujours un humain qui va valider, tamponner la donnée. » Un point essentiel dès lors que le score peut peser sur la perception d’un fournisseur et, potentiellement, sur une décision d’achat.

Hexatrust pousse le raisonnement à l’échelle européenne

L’engagement d’Hexatrust dans EU-SCORE traduit également une évolution de son propre terrain de jeu. Historiquement centrée sur la filière française de la cybersécurité et du cloud de confiance, l’association entend désormais davantage raisonner à l’échelle du continent.

« La France seule ne pourra rien faire, il faut absolument travailler à l’échelle européenne », rappelle Maxime Alay-Eddine.

Hexatrust encourage donc ses membres à rejoindre l’initiative, à contrôler les informations publiées et à participer à leur mise à jour.

Pour son vice-président, EU-SCORE doit finalement permettre de répondre à une question très concrète au moment de l’achat : en choisissant telle solution, « est-ce que je contribue un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, à développer la filière européenne ? »

Derrière la formule légère se cache un enjeu autrement plus stratégique : transformer la souveraineté numérique, souvent abstraite, en un critère de décision visible et comparable. EU-SCORE ne prétend pas remplacer les certifications de sécurité ni les analyses de risque. Il pourrait en revanche apporter aux DSI et acheteurs IT une donnée supplémentaire devenue difficile à ignorer : à qui profite réellement leur investissement technologique ?

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