1/ Savoir séparer sa vie professionnelle et sa vie privée. Jack Bernon, responsable du département Santé et Travail à l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), insiste sur ce point, même si les frontières entre ces deux mondes autrefois étanches tendent à s’abolir de plus en plus avec le développement des outils de la mobilité.
« Certaines personnes ne déconnectent jamais »
, déplore de son côté Annie Cattan, directrice du cabinet de coaching Pragmaty, et ancienne responsable informatique. Ils envoient des mails professionnels et participent à des chats pendant le week-end. Sur ce plan, elle a une devise : « il faut s’impliquer sans s’identifier à son travail. » Et d’ajouter : « Notre vie ne se résume pas à notre vie professionnelle. »

2/ Extérioriser ses difficultés. « Dans les débats collectifs, les informaticiens ne parlent pas suffisamment de leurs conditions de travail contraignantes. Par exemple, lorsqu’ils participent à un projet, ils sont fréquemment soumis à des injonctions contradictoires de la part de leur supérieur hiérarchique et de leur chef de projet, note Jack Bernon. Il leur faudrait extérioriser davantage leurs difficultés et faire remonter celles-ci à leurs représentants du personnel. »
En fait, comme l’explique Michèle Havelka, vice-présidente et fondatrice de l’Anif (Association nationale des informaticiens de France), et codirectrice associée de HPM (High Potential Management), cabinet de conseil en RH, « la plupart des drames viennent du fait que les informaticiens ne constituent pas une véritable communauté professionnelle. Ayant une relation très individualiste à leur métier, ils se considèrent responsables de ce qui leur arrive, et ne font appel ni au coaching, ni à la psychothérapie. »

3/ Se tourner vers d’anciens DSI ou managers informatiques. Michèle Havelka considère que seuls d’anciens professionnels des technologies de l’information sont capables de bien comprendre le métier d’informaticien. En accompagnant les populations stressées, ces personnes peuvent jouer le rôle de relais pour éviter les drames. « Il faut donner aux informaticiens les moyens de réussir un parcours transverse, une reconversion », souligne-t-elle. Mais aujourd’hui, elle constate qu’il n’y a pas encore suffisamment de coachs dotés de la casquette IT. C’est la raison pour laquelle son association milite pour la création d’une école de coaching pour anciens dirigeants informatiques, et d’une certification pour ces coachs spécialisés.

4/ Ne pas laisser les autres piloter sa carrière. « A tout moment de sa vie professionnelle, l’informaticien doit avoir une vision objective de son employabilité », indique Michèle Havelka. A côté de la gestion de carrière de son entreprise, il doit faire un bilan de compétences ou un point avec un professionnel externe. « Même s’il a d’excellentes relations avec son employeur, il ne doit pas laisser le hasard décider à sa place », souligne-t-elle. Certaines écoles d’ingénieurs élaborent d’ailleurs un plan de carrière pour leurs étudiants, dès la fin de leurs études.

5/ Prévoir parallèlement des activités extérieures pour décompresser. Tous les salariés n’ont pas la chance de se voir proposer régulièrement quelques minutes de massage à leur poste de travail, pour effacer les manifestations physiques de leurs tensions. Même s’il s’agit d’un conseil de bon sens, il n’est pas inutile de le rappeler : quelques activités telles que du sport ou des exercices de relaxation, menées parallèlement à sa vie professionnelle ne pourront qu’avoir une vertu bénéfique, et aideront à prendre un peu de distance au bureau…