À l’occasion d’une conférence de presse à Monaco, lors des Assises de la sécurité, le sénateur Jean-Marie Bockel a invité fortement le président de la République à se rapprocher de lui pour une audition sur les questions de défense numérique.

« La sécurité numérique doit être mise au rang des priorités nationales, tout comme le font Obama et Cameron », revendique-t-il.  A l’origine d’un rapport sur la cybersécurité publié en juillet, le sénateur du Haut-Rhin a, depuis, fait beaucoup parler de lui. Notamment pour son incitation à refuser l’utilisation de matériels réseaux provenant de fabricants chinois.

Lorsqu’on lui demande d’où il tient sa capacité à assurer que certains routeurs d’origine chinoise contiendraient des morceaux de codes espions, il se décharge sur l’Anssi (Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information) qui aurait, d’après lui, « expertisé ces matériels avant d’être affirmatifs sur la question et ont validé son rapport ligne par ligne ».

Il ajoute même que ce sont les Allemands qui lui ont soufflé cette idée. Un sujet très sensible, au point que le sénateur a été pris d’assaut aussi bien par la presse que par des constructeurs comme Huawei. « J’ai profité de ma présence sur le salon pour les rencontrer et leur réassurer ma postion de de libéral », ajoute Jean-Marie Bockel. Taxé, en effet, de protectionnisme dans cette démarche, le sénateur cherche à recentrer le débat. « Je ne parle que de défense, je n’ai rien contre l’économie chinoise qui, de plus, tend désormais à adhérer aux règles de l’OMC. » Cela, l’avenir nous le dira.

Mais point trop n’en faut. Jean-Marie Bockel se dit vexé que son rapport ne fasse parler que de la partie chinoise. Même s’il reconnaît qu’il s’agit là d’un sujet d’importance. Il veut plutôt revenir sur des sujets comme le législatif. Pour lui « il y a trop de discussion autour de la notion de sanction. Il faut de l’obligation, mais sans sanction. Dans ce cas-là, on crée une responsabilité. »

Juriste de formation, il réclame une nouvelle législation simplifiée. L’obligation de notification de faille de sécurité en ferait partie. Sujet également très sensible, il susciterait selon lui l’adhésion de la plupart des entreprises qu’il a rencontrées : « Ce sont des grosses entreprises, et qui ont toutes subi une attaque », dit le sénateur. Pour lui, ne pas admettre avoir être attaqué est un aveu de faiblesse, le reconnaître c’est dédramatiser. 

Pour conclure, Jean-Maire Bockel a lancé un appel à François Hollande sur la commande du prochain livre blanc. La notion de cyberdéfense y ayant été abordée pour la première fois, le sénateur souhaite vivement être auditionné. « Tricard, non, je ne pense pas l’être, mais il faut que le président m’entende. Je suis un politique, accessoirement je pense apporter un éclairage », lâche-t-il dans un élan d’espoir.