Qu’on soit dans l’ère post-PC ou PC Plus, bonne nouvelle : nos ordinateurs personnels devraient résister face aux tablettes. Nos smartphones un peu moins.

Apple l’a clamé haut et fort, nous sommes entrés dans l’ère post-PC, ce qui laissait entendre que le PC était sur le déclin. Il y a quelques mois, c’était au tour de Microsoft – intimement lié aux PC – de donner une appellation à cette nouvelle ère, celle du PC Plus.

Une divergence sémantique qui montre en définitive que les tablettes ne sonnent peut-être pas le glas pour les PC, mais annonce plutôt l’ouverture d’une nouveau marché et d’un nouveau territoire sur lesquels les géants d’hier continuent à s’affronter aujourd’hui.

L’ère du PC n’est pas terminée mais partagée

C’est une analyse que soutient en tout cas le cabinet d’étude Deloitte par le biais de son étude annuelle Technology, Media and Telecommunications Predictions 2013 et celle de son directeur du centre de recherche mondial du cabinet, Duncan Stewart. « Le PC traditionnel n’est pas mortQu’on soit dans l’ère post-PC ou PC Plus, bonne nouvelle : nos ordinateurs personnels devraient résister face aux tablettes. Nos smartphones un peu moins », martèle-t-il. Il bénéficie d’une base installée considérable et devrait maintenir son « hégémonie durable (…) malgré des ventes inférieures à celles des smart devices ». Les ventes de PC dans le monde ont reculé de 3,5 % en 2012, à 352,7 millions, selon des estimations du cabinet de recherche Gartner, précisait-il. Pourtant, « plus de 80 % des données en circulation sur internet continueront d’être générées par des ordinateurs personnels traditionnels, de bureau ou portables », souligne l’étude annuelle de Deloitte sur les perspectives du secteur des technologies, médias et télécommunications.

Cette année encore, plus de 70 % du temps passé sur un appareil électronique (PC, smartphones et tablettes) le sera sur un ordinateur personnel, précise l’étude. Si l’usage des tablettes peut être très satisfaisant pour les loisirs (jeux, vidéo, surf sur internet), pour le travail « on a besoin d’un clavier », a fait valoir Duncan Stewart.

Le Post-PC, un souci de pays riche ?

Autre argument. Dans les pays développés, les consommateurs ont souvent les moyens d’avoir plusieurs équipements dont au moins un PC, auquel s’ajoutent souvent un, voire deux terminaux mobiles. En revanche, dans les pays en développement, s’il faut choisir, le consommateur optera, pour le même prix, pour l’outil le plus complet, celui qui lui permet de tout faire, c’est-à-dire le PC.
« Parmi les 1,5 milliard d’ordinateurs personnels en circulation actuellement, nombreux sont ceux qui appartiennent à des entreprises et à des consommateurs qui ont les moyens de s’équiper également d’un smartphone, voire d’un tablette, commente Duncan Stewart. En revanche, cela ne sera vraisemblablement pas le cas du milliard de personnes qui souhaiteront accéder à internet à l’avenir. Pour des raisons économiques, la plupart choisiront un, voire deux appareils, mais pas trois.

La tablette tue malgré tout

L’ordinateur demeure donc un facteur de forme qui a de l’avenir. La tablette n’est pas là pour le tuer et ne le détrônera sans doute pas. « Nous avons cherché, mais nous n’avons trouvé aucune entreprise dans le monde qui a remplacé ses PC par des tablettes, scandait Duncan Stewart. Une tablette en plus d’un PC, oui, mais pas en remplacement d’un PC. »

Pour autant, la tablette fait bel et bien une victime : le papier. « Des pilotes qui montent dans leur cockpit avec une tablette, ce n’est pas pour remplacer un PC mais pour se débarrasser d’une lourde valise de documentation. » Un nouvel exemple qui fait la démonstration que, pour l’instant, les tablettes sont plutôt des terminaux de consultation de contenus que de création. Même si les modèles grand format (9 pouces et plus) tentent d’assurer ce rôle de pont entre smartphone et PC.

Et justement, prédiction ou provocation, Duncan Stewart glisse, entre deux slides Powerpoint, que « les tablettes pourraient détruire les smartphones ». Pour preuve ? Ces phablets qui triomphent, croissent et se mulitplient. Les Galaxy Note en tête emais aussi l’Ascend Mate, de Huawei, et son écran de 6,1 pouces. Des smartphones de plus en plus grands, car on téléphone de moins en moins et a besoin d’un écran large pour communiquer via des applications d’e-mails, de messagerie instantanée ou devidéo. On n’est donc plus ridicule en portant un smartphone géant à son oreille, puisqu’on le fait de plus en plus rarement.

Moins de voix, plus de data. Le paradigme des opérateurs telcos a bel et bien changé : l’enjeu de la constitution de réseaux haut ou très haut débit mobiles est essentiel, même si cela impliquera d’en payer le prix.

Sources :
Blog officiel de Microsoft sur le PC Plus