Data / IA
Generali teste le « wallet » pour fluidifier l’expérience client
Par Laurent Delattre, publié le 29 janvier 2026
L’assureur a expérimenté le portefeuille d’identité numérique Kipmi du français BeYs. Au-delà d’anticiper la conformité au règlement européen eIDAS 2, ce pilote a permis de démontrer une amélioration de l’expérience du côté des clients comme des collaborateurs.
La phase de souscription d’un contrat d’assurance est jalonnée de points de friction quand il s’agit de réunir et de transmettre un grand nombre de justificatifs. Le futur portefeuille d’identité numérique européen (EUDI Wallet) devrait adoucir ce parcours client. Il permettra aux citoyens de l’UE de stocker dans leur smartphone des documents sensibles, comme leur carte d’identité ou leur déclaration de revenus, et de les transmettre à un acteur de confiance, par exemple un assureur.
Entré en vigueur depuis avril 2024, le règlement européen eIDAS 2.0 impose aux États-membres qu’ils fournissent ce portefeuille à leurs citoyens et résidents d’ici fin 2026. Les services publics et les grandes entreprises devront, dès l’année suivante, accepter ce moyen d’authentification et de transmission d’informations.
Generali France a voulu anticiper en menant un pilote avec la solution « wallet » Kipmi du groupe français BeYs. Au-delà de l’enjeu réglementaire, il s’agissait surtout pour l’assureur de mesurer si ce portefeuille améliorait bien les expériences client et collaborateur.

Comme toutes les grandes entreprises, l’assureur Generali sera tenu d’accepter les documents transmis par ses clients via un portefeuille d’identité numérique, dans le cadre, par exemple, d’une souscription à un contrat. Les premiers retours d’expérience, suite aux tests réalisés avec BeYs, sont positifs.
Generali a testé Kipmi sur une période de trois mois avec des conseillers commerciaux qui ont proposé l’outil à une centaine de clients sur trois produits d’assurance différents. « L’objectif principal était d’évaluer la maturité du marché ainsi que celle des collaborateurs face à un outil et un concept relativement nouveaux, avance Jean Remond, AI leader & head of digital services marketplace chez Generali France. À la différence des interfaces web traditionnelles où l’utilisateur ajoute les documents à “uploader”, le wallet présente l’avantage d’être synchrone et interactif, initiant des communications dans les deux sens, explique Matthieu de Montvallon, directeur technique de Kipmi digital trust continuity. L’utilisateur peut transmettre des informations, il peut également recevoir des notifications ou des demandes spécifiques directement dans son portefeuille. »
Jean Remond
AI leader & head of digital services marketplace chez Generali France
« Le wallet permet aux clients de contrôler intégralement l’accès à leurs informations et de pouvoir révoquer cet accès à tout moment. »
Le retour terrain a conforté l’assureur. 78 % des clients ont accepté d’utiliser la solution, sachant que sur les 22 % ayant refusé, 62 % se déclarent rétifs au numérique. « L’outil a été particulièrement apprécié pour la transparence qu’il offre dans la gestion des données, permettant aux clients de contrôler intégralement l’accès à leurs informations et de pouvoir révoquer cet accès à tout moment », observe Jean Remond. Les conseillers gagnent, eux, un temps précieux dans la phase chronophage de collecte des documents.
L’usage du wallet ne se limite pas à la souscription, il répond aussi à de nombreux cas d’usage comme la gestion de vie d’un contrat ou celle des sinistres. Autre piste : la téléconsultation lorsque, dans le cadre de l’offre de complémentaire santé de Generali, l’assuré s’identifie pour être mis en relation avec un médecin.
Des perspectives séduisantes, mais « l’objectif n’est pas de bouleverser les usages du jour au lendemain, ni d’imposer une révolution brutale, mais de s’appuyer sur l’adoption naturelle de l’outil par les utilisateurs en priorisant les usages », conclut Jean Remond.

L’entreprise Generali
Activité : AssurancesEffectif : 9 300 collaborateursCA (2024): 19,2 Md€
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