Microsoft n’est pas seul à lutter contre la volonté de la justice américaine d’accéder aux données stockées hors des États-Unis. Le géant américain vient de voir des dizaines d’entreprises le rejoindre, dont certaines aussi prestigieuses qu’Amazon ou Apple.

Jusque-là, Microsoft – parmi bien d’autres sociétés – était tenu, depuis mars 2013, d’ouvrir l’accès aux données des entreprises américaines, ce qu’il a par exemple dû faire 6 919 fois entre janvier et juin dernier.

Mais désormais, le département d’État souhaite accéder aux données des entreprises étrangères, en parfaite violation des accords passés avec les autres pays. Concrètement, c’est au sujet d’un client irlandais que l’administration US et Microsoft s’opposent depuis des mois, dans le cadre d’un long combat judiciaire.

Des enjeux économiques énormes

L’issue de ce combat sera déterminante pour les entreprises américaines, d’une part pour une question de principe déontologique, d’autre part pour leur compétitivité. Déjà mises à mal par l’affaire Snowden, elles verront probablement leurs clients reconsidérer certains marchés s’ils savent que leurs données peuvent être captées.

Les autres nations apprécient peu, par ailleurs, cette nouvelle tentative d’ingérence américaine. « Comment réagirait le gouvernement américain si un autre pays tentait d’outrepasser les lois internationales en demandant à une entreprise étrangère possédant des bureaux aux États-Unis de lui fournir les communications personnelles d’un journaliste américain ?», demande Brad Smith, vice-président de Microsoft chargé des affaires juridiques.

En écho, la secrétaire d’État au numérique, Axelle Lemaire, s’est félicitée sur son compte Twitter du ralliement de nombre d’entreprises à Microsoft. « 28 géants américains des technologies soutiennent Microsoft aux US sur le respect des données personnelles ‪#leventtourne ‪#magnadata », écrit-elle.