Deux présidents de la République se rencontrent. Que se disent-ils ? Trop souvent, ils partent dans de longs entretiens protocolaires. Mais quand il s’agit de François Hollande et de Shimon Peres, ils parlent d’innovation ! C’est ce qui m’a marqué lors du dernier voyage présidentiel en Israël, pour lequel je faisais partie de délégation. Ce sujet était présent partout, dans les discours, mais surtout dans les têtes et dans les actes. La « Nation start up »(*) n’est pas qu’un slogan. Ce pays consacre 4 % de son PIB à la recherche et au développement. Les universités (Technion et Tel Aviv) contribuent très efficacement au passage de l’état de recherche appliquée au lancement de l’entreprise et à son développement. Enfin, alors qu’en moyenne, un tiers seulement des citoyens des pays de l’OCDE ont reçu un enseignement supérieur, 46 % des Israéliens ont un niveau de formation supérieure. Les illustrations ne manquent pas lorsque l’on voyage en cette terre d’inspiration, source de réflexions. Le temps est à ainsi à la coopé-ration. Les défis à relever sont immenses. Cyber-sécurité, combustibles alternatifs, optimisation des échanges commerciaux, intégration des nouvelles classes moyennes asiatiques, changement climatique… aucun pays, aucune entreprise ne peut espérer réussir seul. Isolés, peu nombreux et sur un territoire limité, les Israéliens l’ont bien compris : la coopération est indispensable à toutes les phases du développement des projets. 

Autre sujet de réflexion : l’industrie, essentielle. Il ne suffit pas d’avoir des idées et de les breveter, encore faut-il produire. Tout n’est pas dématérialisé et même les éléments les plus virtuels retrouvent progressivement une réalité concrète et tangible inédite. L’intelligence numérique se diffuse partout, dans les objets et les process. Enfin, l’innovation ne se décrète pas, elle se vit par la force de l’engagement à tous les niveaux. Engagement politique de la nation et de ses alliés, mais aussi des écoles et des universités pour former des têtes bien faites, ouvertes sur l’avenir plus que pleines, et motivées pour innover. Engagement des dirigeants d’entreprises et de leurs collaborateurs, ainsi que de l’écosystème tout entier : entreprises, partenaires, investisseurs, clients… Si le chemin peut être long de la théorie à la pratique, de l’idée à la réalisation, Israël démontre qu’il est possible d’accélérer pour avancer efficacement sans brûler les étapes. C’est pourquoi nous envoyons régulièrement les principaux managers des pays où Keyrus est présent dans notre filiale israélienne. Ils en reviennent toujours inspirés et plein d’énergie. Israël est un Etat qui favorise et défend l’esprit d’entreprendre, un état d’esprit que nous devons nous aussi renforcer chez les jeunes générations afin d’instaurer une nouvelle dynamique créatrice de richesses et d’emplois pour notre pays.