La Société Générale multiplie depuis près de deux ans les initiatives pour développer les technologies open source dans son système d’information. Une démarche menée conjointement avec le passage au cloud.
Directeur technique adjoint du groupe, Alain Voiment décrit les raisons et le déroulement de cette nouvelle orientation.

Société Générale a annoncé, notamment lors du Paris Open Source Summit en décembre 2017, son engagement dans les technologies open source. Pourquoi cette orientation et depuis quand est-elle initiée ?

Pour nous, l’open source est un mouvement de fond, initié par nos développeurs, qui s’est parfaitement intégré dans l’accélération de la transformation numérique du groupe et qui permet notamment de favoriser l’innovation. Nous avions déjà choisi de basculer progressivement sur le cloud. Une transition qui impose une réécriture partielle des applications. Profiter de cette refonte pour adopter également des technologies open source, quand cela est pertinent, s’est imposé naturellement. Cela évite de refaire deux fois le travail ! Cette démarche remonte à quelques années, mais c’est début 2017 que nous avons tenu les premières discussions avec la direction du groupe, qui a parfaitement appréhendé l’enjeu. Ses questions ont essentiellement porté sur la sécurité – alors que les risques sont équivalents dans les mondes propriétaire et open source -, et sur l’écosystème. Si la pérennité de beaucoup d’éditeurs, notamment les plus grands, ne pose pas question, celle d’une communauté de développeurs n’en pose pas plus. Les projets ont donc démarré dans les mois qui ont suivi. Notre stratégie a pour objectif, d’ici à 2020, de passer 80 % de nos serveurs éligibles au cloud (interne et externe). Nous avons aussi annoncé que 30 % de nos bases de données seront en open source d’ici 2020.

Comment est organisée la DSI de Société Générale ? Sur quel périmètre mettez-vous en place ces technologies ?

Depuis plusieurs années, les infrastructures sont mutualisées pour l’ensemble du groupe dans le monde.  Sur les 23 000 informaticiens que compte le groupe, environ 4 000 d’entre eux travaillent dans les infrastructures. Les autres DSI sont principalement en charge du développement avec chacun de nos métiers. Les plus importantes sont celles des business units de la banque de détail en France, de la banque de détail à l’international et des services financiers spécialisés (assurance, gestion de flotte automobile…), et enfin de la Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs. D’autres DSI sont dédiées à nos services transverses (service units). Côté développement applicatif, pour l’ensemble des DSI, « l’open source first » est devenu la règle. Tout nouveau projet doit reposer par défaut sur cette option. Quand ce n’est pas le cas, les métiers se doivent de justifier pourquoi seule une solution propriétaire répond au besoin. Le cas des applications existantes reste bien sûr plus complexe. Nous évaluons et nous évaluerons avec les DSI des métiers ce qu’il est possible de faire. Par ailleurs, nous avons également engagé une transformation de nos infrastructures vers du « as a service ».

Pouvez-vous détailler cette transformation ? Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Il s’agit entre autres de remplacer une partie de l’outillage habituellement utilisé pour administrer les infrastructures, les logiciels d’éditeurs traditionnels…  Une autre partie des projets porte sur le remplacement de briques comme les middlewares et les bases de données. L’objectif est d’automatiser, au moins partiellement, la consommation des ressources, en un mot de passer à du IaaS (Infrastructure as a Service).

Propos recueillis par Patrick Brébion – IT for Business

 

Alain Voiment

Depuis 2015
Deputy Global Chief Technology Officer Société Générale

2010-2015
Chief Technology Officer Société Générale Corporate and investment Banking (CiB)

Formation
École supérieure d’ingénieurs en Génie Électrique