Depuis sept semaines, ITforBusiness.fr met en lumière, chaque jeudi, l’un des lauréats aux « DSI(N) de l’année. Mais tout palmarès, comme toute bonne série, doit avoir une fin. Tout au moins en attendant l’an prochain. Pour ce dernier épisode, ce n’est pas un DSI sur lequel la rédaction pointe son projecteur mais sur son prix spécial « Manager Numérique de l’année » remis à Jean-Pascal Tricoire, le charismatique PDG de Schneider Electric.

Née sous le nom de Schneider & Cie lors de la première révolution industrielle, Schneider Electric s’est, à la fin du siècle précédent, réinventée en spécialiste de la gestion de l’énergie et des automatismes avant d’embrasser la révolution digitale et l’ère des écosystèmes. Une dernière mutation conduite par son PDG visionnaire Jean-Pascal Tricoire, que la rédaction d’IT for Business a élu Manager numérique de l’année.

Schneider Electric fait partie de ces grands groupes historiques qu’on imagine assez difficiles à faire pivoter vers le numérique. L’industriel est pourtant devenu l’un des champions français en termes de maturité numérique, en opérant progressivement la digitalisation de ses processus et la digitalisation de ses offres.
Une stratégie à deux axes – « digitize and digital » – orientée clients et prônée au plus haut niveau par son PDG Jean- Pascal Tricoire.

Jean-Pascal Tricoire

Repéré et promu par Henri Lachmann, le patron de l’époque, il va conduire des acquisitions stratégiques réalisées dès le début des années 2000 pour accroître la présence de Schneider Electric dans toutes les régions du monde et augmenter son portefeuille technologique. Pas seulement avec des produits et équipements électrotechniques.

Diplômé de l’École Supérieure d’Électronique de l’Ouest, Jean-Pascal Tricoire est d’abord un ingénieur et il vit en direct la révolution internet et en mesure tout son potentiel. Alors que Schneider Electric a déjà commencé à se constituer une offre logicielle, il va accentuer le mouvement en phase avec l’évolution de l’informatique et du paysage numérique.
L’IoT ? Schneider Electric en fait depuis des années !
Le bâtiment intelligent ? L’industriel en est un des acteurs majeurs depuis longtemps !
À chaque fois, son PDG s’attache à opérer le bon dosage entre l’accélération nécessaire – grâce à l’acquisition d’un acteur référent – et la montée en puissance – grâce à la maturation des technologiques intégrées et au développement interne.

De la transition digitale à la transition énergétique

Si l’alchimie fonctionne si bien, c’est aussi du fait de ses convictions personnelles : Jean-Pascal Tricoire est un ardent promoteur du développement durable et de l’efficacité énergétique. Et ce sera désormais le moteur du groupe, totalement en phase avec les préoccupations du moment au niveau mondial.

Son logo devient entièrement vert en 2008, l’année-même du lancement de la première génération de la plateforme EcoStruxure.

La plateforme Exchange de Schneider Electric compte plus de
45 000 utilisateurs enregistrés, 23 communautés, et propose plus de 200 applications, ainsi que les ressources nécessaires pour en
développer d’autres.

Aujourd’hui, cette dernière comprend aussi bien des composants matériels bas niveau que des solutions préconfigurées pour des besoins techniques (micro-datacenters) ou sectoriels (connectivité dans les hôtels), des services de conseil, etc. Elle peut s’enorgueillir d’une communauté forte de 20 000 développeurs et de 650 000 partenaires et prestataires de services. Un succès qui a poussé le groupe à aller un cran plus loin. Cette année a ainsi vu le lancement de l’écosystème Schneider Electric Exchange, place de marché regroupant des outils logiciels, des API, des sets de données, des analyses, des offres de services… Au sein de cet écosystème figurent des partenaires tels que Accenture (conseil, réalisation de solutions personnalisées et de modèles), Claroty (cybersécurité industrielle), Predictive Layer (prévisions énergétiques) ou encore Senseye (maintenance prédictive), dont les offres s’intègrent à EcoStruxure, l’architecture système de Schneider Electric.

Un pas de plus vers des automatismes et des logiciels d’optimisation visant une meilleure gestion de l’énergie chez les clients particuliers et entreprises de Schneider Electric ainsi que chez ses partenaires, et qui doivent aussi les accompagner vers de nouveaux modes de consommation et de production décentralisée de l’énergie. La transition énergétique fait en effet partie des défis à relever.

Pour aller plus loin, le groupe s’est d’ailleurs doté fin 2018 d’Innovation at the Edge, la structure de Schneider Electric pour innover de façon différente et plus collaborative, comme avec le programme d’accélération AI Factory for Green Energy lancé en partenariat avec Microsoft en juillet dernier.

Une entreprise responsable

Donner du sens, être inclusif, être et rendre responsable : ce sont les drivers internes de Schneider Electric, qui met aussi l’emphase sur la qualité de vie au travail de ses collaborateurs et organise également des programmes de formation pour augmenter la qualification des personnes comme le nombre d’emplois dans le domaine de l’énergie.
Si Jean-Pascal Tricoire n’en est pas le seul artisan, il porte néanmoins très haut l’étendard d’une entreprise qui érige l’accès à l’électricité et au digital au rang de droit fondamental.

Retrouvez tous les gagnants de l’édition 2019 et ceux des années précédentes dans le numéro 2246 d’IT For Business…

L’ENTREPRISE : En 1838 naît Schneider & Cie qui va évoluer, au fil des décennies, dans de nombreux secteurs dont la métallurgie, l’armement, la construction navale, l’électricité… À partir de 1981, sous la direction de Didier Pineau-Valencienne, Schneider se sépare progressivement de toutes les activités non liées à l’électricité.
Cette mutation, qui s’accompagne des rachats de Télémécanique, de Merlin Gerin, de l’américain Square D ou encore du suisse Feller, est parachevée en 1999 avec le changement de nom en Schneider Electric. En 2001, la fusion avortée avec Legrand n’entame que peu la stratégie entreprise.
Cependant que Jean-Pascal Tricoire est peu à peu porté vers la direction du groupe par le PDG de l’époque Henri Lachmann, l’électricien réalise environ 130 acquisitions d’entreprises entre 2004 et 2014 (dont APC en 2006, Areva T&D en 2010, Invensys en 2013), pour un montant de 15 Md€. Des acquisitions de plus en plus liées au logiciel (Aveva, IGE+XAO…), mais toujours aussi dans les équipements électriques (Asco Power Technologies…).
Avec ses 137 000 employés répartis sur plus d’une centaine de pays, Schneider Electric a, en 2018, réalisé 25,7 Md€ de chiffre d’affaires et un profit net de 2,3 Md€, cependant qu’elle investissait 1,3 Md€ en R&D. La part des revenus tirés des services et logiciels était de 16 %. Dix ans après la sortie de sa première génération en 2008, la plateforme EcoStruxure acquiert un nouveau statut avec le lancement officiel de l’écosystème SE Exchange en avril 2019.

MINI BIO de JEAN-PASCAL TRICOIRE

Depuis 2013 Président Directeur Général de Schneider Electric
2006 Président du directoire du groupe Schneider Electric 
2003 Directeur général délégué Schneider Electric
1986 Entrée chez Merlin Gerin, filiale de Schneider Electric

FORMATION
École Supérieure d’Électronique de l’Ouest, Angers
EMLyon Business School

Jean-Pascal Tricoire a notamment été président du Comité France Chine de 2009 à 2018 et en reste vice-président.
En 2018, il a également été nommé au conseil d’administration de l’initiative United Nations Global Compact visant l’instauration de pratiques de développement durable au sein des grandes entreprises internationales.


Retrouvez nos autres portraits des DSI de l’année 2019 :
DSI « As a Service » et « Grand Prix 2019 » : Véronique Puche
DSI « Augmenté » de l’année : Yves Caseau
DSI « Open » de l’année : Sébastien Valla
DSI « Orchestrateur » de l’année : Pascal Wronski
DSI « Communicant » de l’année : Laurent Rousset
DSI « for Good » de l’année : Malika Pastor
DSI « Coup de Coeur » de l’année : Laurent Husson

Rendez-vous en janvier 2021 pour une nouvelle remise des « DSI(N) de l’année »!