Le Grand port maritime de Dunkerque expérimente un système de vidéosurveillance intelligent pour détecter le moindre incident ou comportement dangereux au niveau de ses passages à niveau.

Par Xavier Biseul

Troisième port français, le Grand port maritime de Dunkerque a acheminé en 2019 53 millions de tonnes de marchandises, un volume en hausse de 3 % cette année.
Réputé pour l’importation de fruits en conteneurs et les échanges transmanche avec la Grande-Bretagne, le port s’étend sur 7 000 hectares, bordant pas moins de dix communes du Nord-Pas-de-Calais.

Voitures, camions, trains… Le trafic est dense et le site comprend une quarantaine de passages à niveau, dont plus de la moitié avec barrières, et donc un risque sécuritaire accru en cas de panne ou d’incident. Si la supervision de ces installations est sensible, l’étendue de la zone d’activité la complexifie encore pour les équipes de maintenance.

Début 2020, le port a lancé, avec des étudiants de Centrale Lille et dans le cadre de leur projet de fin d’études, un système de vidéosurveillance autonome à base d’intelligence artificielle. Le prototype fait appel à la « computer vision » qui, embarquée dans des caméras, doit permettre de surveiller en continu les infrastructures ferroviaires.
Appartenant à la grande famille de l’intelligence artificielle, la computer vision (vision par ordinateur) désigne les techniques permettant de traiter et d’analyser un flux d’images capté par un équipement, en l’occurrence une caméra.

Feu endommagé, barrière brisée, problème de fermeture ou d’ouverture, véhicule à l’arrêt… Le système envisagé pour le port de Dunkerque doit détecter tout incident ou comportement dangereux en distinguant les piétons, les cycles, les voitures, les camions, les bus ou les trains. « Il s’agit d’avoir une traçabilité globale des événements et de définir des niveaux de dangerosité », explique Marie-Hélène Mahé, responsable informatique et réseaux du Grand port maritime de Dunkerque.

En collaboration avec le prestataire de maintenance ferroviaire, les équipes internes ont rédigé un protocole permettant de définir des situations types, et de déterminer le danger ou défaut potentiel. En cas d’incident ou de panne, une alerte remonte directement, via des services web, jusqu’au logiciel de GMAO, qui envoie alors un SMS ou un e-mail, associé à la prise d’une photo.
Un ordre de travail peut être aussi déclenché dans le système de GMAO, en l’occurrence Coswin 8i de Siveco, déployé en 2016.

Dans le cadre d’une maintenance proactive, les statistiques de trafic routier et ferroviaire serviront également à réaliser un audit sur la ré-élévation du niveau de sécurité de chaque passage à niveau. Un premier test devait commencer, cette année, sur un passage à niveau critique, avant un déploiement sur les autres infrastructures envisagé courant 2021. L’expérimentation a été repoussée avec le premier confinement. « Aujourd’hui, le projet est à l’arrêt, et à l’heure actuelle nous ne savons pas s’il y a aura une suite donnée à cette étude », déplore Marie-Hélène Mahé.

L’ENTREPRISE

ACTIVITÉ : Port marchand

EFFECTIF : 5 467 emplois directs et 18 540 emplois indirects (2015)

INVESTISSEMENT : 42 M€ HT en 2019