Une nouvelle étude, qu’IT for Business s’est procuré en exclusivité, met en lumière la perception du numérique par les Français et quelle devrait être sa place dans l’école. Les mentalités évoluent mais bien des interrogations demeurent…

On le sait, les secteurs du numérique manquent de développeurs, de spécialistes sécurité, de data scientists, d’ingénieurs hardware, de spécialistes IA, etc. S’il n’existe pas de solutions à court terme, il en existe en revanche une évidente à moyen et long terme : attirer plus de jeunes vers les filières du numérique et de l’informatique. Encore faut-il que ces derniers puissent en découvrir le potentiel assez tôt dans leur parcours scolaire.

Une nouvelle enquête Odoxa/Oracle, en collaboration avec Tech&Co et BFM Business, vient éclairer sur l’opinion des Français quant à la place du numérique à l’école et d’une manière plus générale dans l’enseignement.

Davantage de numérique à l’école

L’étude révèle ainsi que non seulement les Français voient le numérique d’un œil très favorable mais qu’ils aimeraient également voir sa place à l’école s’élargir. Pour 78% d’entre eux, les outils numériques facilitent les apprentissages et pour 62% l’apprentissage des technologies numériques devrait occuper une plus grande place dans les programmes scolaires. Ceux directement intéressés par ces outils se montrent d’ailleurs encore plus enthousiastes : 84% des élèves et étudiants ainsi que 77% des parents d’élèves jugent que les outils numériques permettent de faciliter les apprentissages !
Reste que cet apprentissage doit aussi sensibiliser les élèves aux risques numériques : Pour 87% des Français (et 90% des parents d’élèves), à l’école, les enseignants doivent pouvoir sensibiliser à l’importance du numérique autant qu’à ses dérives.

Les entreprises de la Tech appelées à la rescousse ?

Mais là où les choses sont probablement plus intéressantes, c’est que 37% des Français (un chiffre en croissance de 4 points depuis le précédent sondage) jugent aujourd’hui que les entreprises du numérique doivent intervenir en offrant des outils (licences de logiciels, tablettes, formations des enseignants,…) pour permettre l’apprentissage du numérique à l’école ! Alors que bien des universitaires et professeurs se montrent souvent réticents à ce qu’ils voient comme une « ingérence » des entreprises dans l’éducation, les Français se montrent donc, eux, de plus en plus favorables.

On notera au passage que ce « souhait » des Français est déjà écouté par bien des entreprises du numérique. Les grands acteurs de la Tech, à commencer par Oracle, ont presque tous adhéré au mouvement « Tech for Good » initié par le président Emmanuel Macron dont le but est d’identifier les ressorts de la participation de l’innovation en faveur de l’intérêt général (qui comprend notamment un volet éducation). On citera aussi l’exemple des « écoles IA de Microsoft » – qui s’adresse à des personnes en reconversion ou au chômage – ou encore le programme « Amazon Future Engineer » – qui couvre tout le cycle scolaire de la maternelle aux grandes écoles (avec des formations, des ateliers en ligne, des fournitures de matériels, …). Mais, parallèlement, cette présence des GAFAMs inquiète aussi les milieux politiques comme ceux de l’éducation, en témoigne certains débats agités à l’assemblée ou les contestations de collectifs comme EduNathon par exemple.

Une bonne image mais une attractivité insuffisante…

La bonne nouvelle pour l’emploi et la recherche des talents de demain, c’est que l’étude montre également une perception de plus en plus positive du secteur du numérique. Les carrières du numérique sont évaluées comme des opportunités très intéressantes puisque près de 9 Français sur 10 recommanderaient un métier du numérique à un jeune. Mieux encore, ces carrières ne sont désormais plus « genrées » dans l’opinion publique : les Français recommanderaient tout autant à une jeune fille (85%) qu’à un jeune garçon (86%) de se tourner vers ces métiers.

Le problème c’est qu’il y a toujours un gouffre entre les recommandations formulées par les uns et l’attractivité réelle des métiers auprès de la cible. Si 84% des Français jugent les métiers du numérique « intéressants », seuls 48% se sentent attirer par cette filiale. Et cette attractivité reste encore bien trop genrée : 56% des hommes se déclarent attirés par les métiers du numérique contre uniquement 40% des femmes.