Avec un chiffre d’affaires en légère baisse, et un résultat net en chute de 22%, le lyonnais Cegid a fait face en 2012 à un contexte économique difficile. Et à des PME qui se tournent de plus en plus vers le Saas.

Les résultats 2012 de Cegid ont été accueillis plutôt fraîchement par les marchés. L’éditeur de logiciels de gestion pour les PME a fait face à une légère baisse de son chiffre d’affaire en 2012 qui s’est établi à 258,1 millions d’euros contre 263,8 en 2011. Le résultat net du groupe n’atteint, lui, que 12,6 millions d’euros, soit une baisse de 22,1 % par rapport à l’année précédente.

Jean-Michel Aulas, président, et Patrick Bertrand, directeur général, ont expliqué ce trou d’air par l’impact de la crise économique qui frappe les PME française mais aussi par les provisions passées sur l’exercice vis-à-vis du secteur public. L’éditeur doit, par ailleurs, absorber la montée en charge du modèle Saas (Software as a Service), visiblement plus rapide qu’attendue. Une bonne nouvelle sur les long et moyen termes, mais un modèle qui s’avère beaucoup moins rémunérateur pour l’éditeur sur le court terme.

L’analyse des comptes de Cegid démontre de façon spectaculaire la montée en puissance du cloud computing, et plus particulièrement du Saas, sur le marché PME. Le chiffre d’affaire de Cegid dans le Saas a progressé de plus de 35 % en 2012. Il atteint désormais 26,9 millions d’euros. Un chiffre à comparer aux 32,9 millions d’euros réalisés par le Lyonnais en vente de licences traditionnelles. Un chiffre en baisse, lui, de 15,6 %.

Un rythme qui pourrait faire penser que, dès cette année, Cegid pourrait bien réaliser plus de chiffre d’affaire dans le cloud que dans la vente de licences. Une évolution refusée par Patrick Bertrand, directeur général de Cegid. « C’est vrai que si l’on prolonge les courbes, on va vers un croisement entre cloud et licences, mais on refuse cette fatalité et on va se battre pour maintenir un équilibre entre les deux. »

N’en déplaise au directeur général, les entreprises accelérent leur bascule vers les applications Saas de Cegid. L’éditeur s’attend à un stock de contrats Saas de 50 millions d’euros en 2013 et si l’intégralité de son chiffre d’affaires cloud était réalisé sur les applications SIRH en 2005, aujourd’hui ces solutions ne représentent plus que 34 % du gâteau. Ce sont les solutions comptables qui en représentent la plus grande part avec 44 % du CA. Un mouvement qui, on le reconnaît à la tête de Cegid, a été plus rapide qu’attendu.

Cegid mise sur Yourcegig Retail pour s’imposer à l’international, comme ici chez Quicksilver.

Si Cegid est confronté à un basculement de son business model qu’il doit faire comprendre à ses investisseurs, l’éditeur a néanmoins de grands chantiers à mener. Jean-Michel Aulas, le président du groupe, estime que l’effort en R&D du groupe (33 millions d’euros en 2012) a atteint son apogée. Cegid a notamment investi 800 000 euros pour mettre en place sa plate-forme cloud avec IBM. Il doit maintenant engranger les bénéfices de son effort, estime Jean-Michel Aulas.

Reste à mener la rationalisation du portefeuille produit. Cedig compte une centaine d’offres à son catalogue. Jean-Michel Aulas veut recentrer cette offre produit pléthorique : « On doit mener une sélection draconienne et procéder à des recentrages produits, mutualiser certaines briques produits entre nos segments, mutualiser tout ce qui est formation. » Le dirigeant souhaite réduire le nombre d’offres de 20 %, tout en se défendant de vouloir sortir de certains marchés.

Enfin, Cegid espère croître à l’international. Le Français est présent dans plus de 70 pays. En 2012, Cegid s’est installé en Russie, au Brésil et dans les Emirats Arabes Unis avec des premiers contrats signés dans ces deux derniers pays. Jean-Michel Aulas le reconnaît : « Mis à part pour Dassault Systèmes, les éditeurs français ont du mal à s’exporter, c’est vrai. L’international n’est pas extrêmement significatif dans notre chiffre d’affaires, mais on compte tout de même 4 000installations à l’étranger. »

L’éditeur mise sur ses solutions Retail (Distribution) pour s’imposer à l’étranger. « Alors que, dans ce secteur, on achète traditionnellement des solutions continent par continent, nous sommes les seuls à offrir aux distributeurs une offre réellement globale, disponible en 25 langues. Le Saas sera un driver de ce marché à l’international », conclut Patrick Bertrand.

 

Patrick Bertrand, directeur général de Cegid, le 6 mars sur BFM Business