La réalité virtuelle a des applications ludiques bien sûr, mais également professionnelles qui vont bien au-delà de nouvelles expériences clients ou de formation en immersion. Une récente étude montre qu’elle peut par exemple réduire la souffrance des malades.

Une récente étude menée par Brennan Spiegel et l’Université de San Diego en Californie montre que l’utilisation de casques de réalité virtuelle peut contribuer à significativement réduire la douleur chez des patients hospitalisés en souffrance, et plus particulièrement sur les douleurs sévères.
L’étude a été réalisée auprès de 120 patients hospitalisés ayant évalué leur douleur à un niveau d’au moins « 3 sur 10 » sur une période de plus de 24 heures. La moitié d’entre eux ont évalué l’évolution de leur douleur après avoir réalisé trois sessions de décontraction en réalité virtuelle par jour. La seconde moitié a servi d’échantillon témoin et devait se contenter de regarder des programmes de relaxation via le téléviseur de la chambre.

Réduire la douleur par l’immersion en VR

Et les résultats sont assez probants. D’une manière générale, les patients bénéficiant des sessions en réalité virtuelle ont vu leur niveau de douleur réduire de 1,72 point (rappelons que la douleur est évaluée sur une échelle allant de 0 à 10) alors que ceux n’ayant droit qu’à la télévision l’ont vu réduire d’à peine 0,6 point.
C’est surtout sur les patients en grande souffrance (douleur évaluée à 7 ou plus) que les résultats sont les plus significatifs : leur niveau de douleur a été réduit en moyenne de 3,04 points ce qui est très significatif.

« L’immersion intensive produite par la réalité virtuelle crée une illusion d’accélération du temps qui contribue effectivement à raccourcir la durée des épisodes de douleur » explique le responsable de l’étude, Brennan Spiegel. « Cette immersion tend aussi à étouffer les signaux de douleur dans l’œuf, c’est-à-dire à leur source, empêchant la douleur d’atteindre le cerveau ».

Les patients étaient libres de choisir entre 21 expériences VR dont des programmes de relaxation dans des lieux naturels idylliques, une simulation de vol, et des jeux vidéos. L’étude a été réalisée à l’aide de casques Samsung Gear connectés à des smartphones (Samsung Galaxy S7).
Pour les responsables de l’étude, la VR n’est pas une solution en soi, mais un outil supplémentaire dans la gestion de la douleur. Les médecins n’ont d’ailleurs constaté aucune réduction significative dans l’usage des opioïdes entre les deux groupes de patients. Et même en pleine session VR, la douleur est rarement descendue au-dessous d’un niveau « 4,5 » ce qui demeure substantiel.

British Airways tente une autre expérience

Dans un domaine un peu différent, British Airways veut démarrer dans les prochaines semaines une expérience consistant à fournir des casques de réalité virtuelle et des contenus VR à ses passagers en classe Business sur ses vols entre Londres et New-York. L’une des expériences proposées, développées en partenariat avec SkyLights consistera à offrir une vue à 360° du vol, comme si la carlingue devenait transparente.
Pour British Airways, « la VR a la capacité à révolutionner les divertissements en vol ». L’immersion proposée permet, là aussi, de réduire la perception du temps et donc de donner la sensation d’un vol plus court. Elle pourrait aussi réduire les sensations de claustrophobie chez certains passagers et pourrait même changer la façon d’appréhender la phobie de l’avion chez d’autres.

Bref, en se démocratisant, la réalité virtuelle trouve de nouveaux usages et offre des expériences qui ne sont nullement limitées aux jeux ou au marketing. Ces exemples dans le domaine du médical et de l’aéronautique doivent inspirer les DSI et les inviter à imaginer des scénarios d’usage appliqués aux métiers de leur propre entreprise.

Sources :
Virtual reality for management of pain in hospitalized patients: A randomized comparative effectiveness trial
British Airways To Trial Virtual Reality Entertainment In The Skies