Avec 6,7% de marge opérationnelle, la SSII retrouve un niveau proche de celui de ses pairs. L’activité, elle, ne devrait redécoller qu’en 2011.

La société de services Atos Origin enregistre sur l’année 2010 une amélioration sensible de son résultat opérationnel. Il s’établit à 337 millions d’euros, soit 6,7 % du chiffre d’affaires, contre 5,7 % un an plus tôt. De ce point de vue, les résultats d’Atos Origin ont de quoi redonner le sourire à son président, Thierry Breton, qui s’est d’ailleurs félicité de l’avance prise sur les objectifs du programme TOP (Top Operational Performance). Lancé à son arrivée en 2009, ce programme visait à redonner à la société une rentabilité proche des meilleurs du marché. Au-delà du volet réduction de coûts, il prévoie de conférer à la société une véritable stature de SSII internationale intégrée.

Une marge opérationnelle en nette amélioration dans l’infogérance

Au final, la marge opérationnelle a progressé de plus de deux points en deux ans (elle était à 4,8 % en 2008). Une amélioration qui doit beaucoup aux activités d’infogérance, qui ont enregistré une progression de leur rentabilité de 40,3 % l’année dernière, et aux services transactionnels (Atos Worldline). En revanche, l’intégration de systèmes reste le point faible du groupe, avec 4 % de marge opérationnelle (contre 4,3 % en 2009). Une légère chute liée à des pertes ponctuelles sur quelques contrats en Espagne et Allemagne et en Europe continentale, précise la SSII.

Une activité toujours anémique

Le nouveau défi d’Atos Origin sera désormais de retrouver une dynamique au niveau de son activité. Focalisée sur l’application du plan TOP, la SSII a en effet quelque peu délaissé la conquête de nouvelles parts de marché. Résultat : Atos Origin enregistre à nouveau une contraction de son chiffre d’affaires de 3,5 % à périmètre et taux de change constants, à 5 021 milliards d’euros. A sa décharge, le dépôt de bilan de la société allemande Arcandor, grand client d’Atos Origin dans le domaine de l’infogérance d’infrastructures informatiques, lui a coûté un point de croissance en 2010. Comme Steria, Atos Origin a également été victime du moratoire lancé cet été par le gouvernement britannique dans le cadre de sa politique de réduction des déficits publics, qui visait à obtenir des économies sur les contrats des principaux prestataires de l’administration britannique.

L’exception Atos Worldline

Au final, toutes les lignes de services d’Atos Origin enregistrent une diminution de leurs ventes. A l’exception d’Atos Wordline, la pépite du groupe, qui termine l’année avec une hausse de son chiffre d’affaires de 4,4 %. Néanmoins, les perspectives pour 2011 sont positives. Le groupe a renoué au quatrième trimestre avec la croissance après deux exercices consécutifs de contraction. L’activité commerciale est florissante. Les prises de commandes ont progressé de 7 % et le ratio prises de commandes sur facturation (book-to-bill) a atteint 111 % sur l’année, soit plus que prévu, et 125 % sur le seul quatrième trimestre. Pour 2011, Atos Origin a confirmé ses prévisions soit une marge opérationnelle de 6 %, intégrant six mois d’activité de Siemens IT Solutions, la division services informatiques du groupe industriel allemand Siemens, dont le rachat a été annoncé en décembre.